‹ Saint François XavierChapitre 294 sur 820 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

le saint de leur arrivée, et lui envoyer son courrier d'Europe. Il dut lui parvenir dans le courant d'octobre'. Le paquet contenait deux lettres du bienheureux Pierre Le Fèvre, et une du Père Pascase Broèt, vieilles déjà de seize, dix-huit, vingt mois. Une autre, de saint Ignace, écrite le 24 juillet 154.3, partie de Rome six mois plus tard, arrêtée un an à Lisbonne, n'était remise au destinataire qu'après un retard de deux ans et cinqmois^. Il répondit le 10 novembre: «J'ai reçu ici (à Malacca) de nombreuses lettres de Rome et du Portugal, et, avec elles, une si grande consolation! Je les lis et les relis, et il me semble être encore avec vous, mes bien-aimés frères, sinon de corps saltem in spiritu'K»

11 n'attendait que deux prêtres d'Europe, et déjà, dans une lettre précédente, il avait décidé qu'ils accompagneraient à Geylan les princes de Cotta^. Or il en arrivait trois : il maintint sa décision, ajoutant que le troisième resterait provisoirement à Goa. En conséquence, Jean de Beira et Griminale furent destinés à la mission cinghalaise, et Lancilotti fut attaché avec Paul de Camérino au service du collège-^. Maître Diogo de Borba eût voulu les confisquer tous pour sa maison. Déjà sans doute, il songeait à se décharger complètement sur eux de tout le poids de son œuvre. Peut-être essaya-t-il de faire intervenir les autorités supérieures. « Ces démarches, écrivait Jean de Beira, ne plaisent ni au Père François, ni à nous qui savons trop les immenses besoins des pays où il a été et où il va'\ »

Déjà nous voyons poindre une légère divergence de vues entre saint François Xavier et ses meilleurs amis de Goa. Lui, regarde au loin les moissons qui blanchissent et il court à la récolte des âmes. Les autres voudraient le retenir près d'eux ;

1. Les Pères, étant arrivés dans la première semaine de septembre, écrivirent aussitôt à François. La lettre dut mettre plus d'un mois à gagner Malacca. Xavier répondit par une lettre, aujourd'hui perdue, où il envoyait deux Pères à Geylan. (ScL Ind. Ep., p. 8, 13). Elle dut être écrite dans le courant d'octobre. Puis il envoya sa courte lettre du 10 novembre. (Mon. A'ai>.. p. .'588) modifiant les dispositions précédentes.

2. Lettre de S. Ignace, dans les Monumenta Ignaiiana, Epistolae, t. I, p. 267. Elle devait partir en 1544, mais les missionnaires qui l'emportaient avaient dû rentrer au port. — Lettres du Père Le Fèvre, 24 janvier et 10 mai 1544 (Cartas y otros escritoSj p. 209 et 235). — Lettre du Père Broët, V mars 1545 [Epistolae PP. Pasch. Broëti, etc. p. 34).

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