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I. — La prédication laïque dans les Moluques

Dans les derniers jours de septembre, saint François Xavier était en vue de Malacca. Le long d'une grande baie largement ouverte, la capitale malaise s'étalait surla plage. A maingauche, la ville indigène, paillettes et cases en bois, jardins, arbres fruitiers, palmiers, avançait jusqu'au-dessus des flots ses maisons sur pilotis. Au centre, un gros ruisseau bourbeux encombré de barques indigènes, traversé par un pont fortifié. Sursesdeux rives, les places de débarquement, les douanes, les docks, les bazars, le gibet. A main droite, le Malacca portugais, entassé aux flancs d'une petite colline raide, cerclé de murs et de bastions, sa forteresse en avant, et dominé par une église. Puis, des faubourgs qui se perdaient sous la verdure indéfinie de la forêt de cocotiers. Au fond, pour cadre, un amphithéâtre de montagnes.

Aujourd'hui Malacca est une ville morte, tuée par la concurrence de Singapour. Mais, pendant plusieurs siècles, là fut la clef de l'Extrême-Orient, comme le dit un vieil auteur, toujours « muguetée de ceux qui brûlent de la convoitise des biens terrestres ' ».

Jadis centre d'un puissant empire malais, ses rois, au xiv* siècle, avaient passé à l'Islam 2; elle était entrée alors dans ce qu'on peut appeler, sans trop d'anachronisme, le syndicat international

1. F. BA.KRETO, Relation de la mission de la province de Malabar, trad. Lahier, Tournai, 1645, p. 299.

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