POLANCO, t. VI, p
parfois jusqu'à Ternate. Ils n'étaient pas musulmans encore, donc sans hostilité préconçue contre l'Evangile. Très corrompus par ailleurs ; et, en 1525, des Franciscains, qui avaient paru dans le pays, s'étaient éloignés, désespérant de convertir cette Sodome ^
Une dizaine d'années plus tard, des Macassars vinrent en ambassade auprès de Galvano. Le capitan leur fit mille caresses, leur parla du christianisme. Bref, deux jeunes nobles, deux frères, furent instruits, baptisés, et, rentrés dans leur pays, se firent apôtres à leur tour. Bientôt d'autres Macassars arrivaient à Ternate, avec des présents, sous la conduite des deux chrétiens. Ils venaient se faire baptiser à leur tour et réclamer des prêtres. Galvano fréta un navire, lui donna pour capitaine un soldat très pieux, François Castro. Deux prêtres l'accompagnaient. Quelques semaines après ils rentraient à Ternate ramenés par le mauvais temps. Ils avaient essayé de prendre par le nord, avaient été emportés sur la côte orientale de Mindanao, avaient tourné autour de la grande île, prêchant et baptisant à toutes les escales. Partout maintenant on trouvait des chefs sauvages se qualifiant don Francisco, don Galvano, don Joâo, Des chrétientés étaient ébauchées à Sétigao, Séligano, Butuan, Pimilaran, Camiguin ^.
Le capitan de Ternate résolut alors de garder près de lui les deux jeunes princes Macassars et de compléter leur éducation. Ce fut l'origine d'un séminaire indigène éphémère, mais plus ancien que ceux de Cranganor et de Goa. Galvano comprenait qu'à ces jeunes églises, il fallait un clergé stable et nombreux. Impossible de compter sur les Indes et sur l'Europe : restait à se recruter sur place ^.
Pour le grand malheur des Moluques, le gouvernement répa-