Do GouTO, loc. cit., p
2. Ces deux royaumes de Supa (ou Supan) et de Siao (ou Sian, Sion, Ciaon etc.) ont <lisparu des cartes modernes (cf. Bist. génér. des voyages, t. XV, p. 101 et suiv.). Dans les grossières esquisses que donnent de Célèbes les atlas plus anciens, ces localités sont indiquées aux environs de Macassar. Ainsi Mercator (édit. de 1607) donne Supa et Ciao, Cf. Annales du Musée Guimet, t. XXVII, pi. VI.
pour réfléchir. Pendant ce temps, il subit les assauts de tous ceux qu'eût gênés sa conversion, prêtres des idoles et marchands arabes. Soudain parut la flottille du roi de Supa. Il venait savoir ce que décidait son voisin : « Pourquoi tant hésiter, dit-il, devant une chose si sainte ? je veux être chrétien. »
Payva bâtit un autel. A défaut de prêtre, il choisit le plus vénérable de ses compagnons, et le chargea de procéder au baptême. Le roi de Supa fut baptisé don Louis, et le roi de Siao don Jean. Le Portugais bientôt dut repartir; mais aussitôt rentré à Malacca, il demanda des prêtres pour aller instruire ces insulaires si bien disposés'.
Tels sont les faits dont l'écho était parvenu jusqu'aux Indes et dont François écrivait le 7 avril : « Il s'est fait récemment des chrétiens auxîles de Macassar. Le roi a demandé à Malacca des prêtres pour leur enseigner la sainte foi. Mais je ne sais quels prêtres pourront y aller^. » C'est pour recueillir cette moisson qui s'annonçait abondante qu'il était venu en pays malais, attiré par l'esprit de Dieu. L'esprit de Dieu cependant ne lui avait pas tout dit. 11 lui avait montré la direction de l'Extrême-Orient; les événements allaient le mener au but précis de la Providence.
Il s'informa donc auprès du gouverneur. Or Garcia de Sa venait justement d'envoyer à Macassar un ecclésiastique avec une bonne escorte. C'était le licencié Vincent Viegas, administrateur de l'église de Malacca^. Il convenait d'attendre son retour. D'après ses rapports, on verrait ce qu'il y avait à faire. Il était pénible à notre saint de se voir ainsi arrêté à moitié route ; mais la mousson était contraire et ne devait pas se renverser avant janvier. C'était donc un séjour de trois mois qui s'imposait.
1. J'abrège le récit, qu'on peut lire dans tous les vieux historiens des missions (Lucena, 1, III, ch. 1 ; F. SousA, Oriente^ I, p. 322; Mafféi, 1. XII; Faria y Souza, Asia, t. II,
Les annalistes franciscains réclament pour leur ordre l'honneur de ces conversions. Galvano, ce qui est fort vraisemblable, avait réclamé des Franciscains auprès de Jean III. La réponse ne vint qu'en 15'*8 [sic]] alors quelques religieux parurent à Supa, où ils baptisèrent le roi Louis, puis gagnèrent le Siam [sic) et baptisèrent le roi Jean. etc. (CiVEZZA, t. VIII, p. 297 et suiv.).