Process. 1556, Goa, n
une clochette à la main, faisant prier pour les âmes du purgatoire : j'ai avec moi alors beaucoup d'enfants du catéchisme ^ »
« C'était, ajoute Valignano, pour atteindre par ce spectacle les idolâtres et les musulmans. La procession parcourait la ville quand sonnaitl'^fe Maria^ en chantant la doctrine... Devant les petits autels des rues, Xavier s'agenouillait, et tout le monde avec lui ; il récitait un Pater et un Ave... Par toutes ces œuvres pieuses, il gagna une telle influence que, non seulement lui, mais aussi les enfants dont il se servait pour enseigner la doctrine, étaient, par les Maures et les idolâtres, regardés comme des saints^. »
Que fit le missionnaire pour les Asiatiques, Malais, Chinois et autres, qu'il trouvait dans la ville indigène? Un mot dans une lettre nous le montre catéchisant les néophytes. Evidemment, là comme à Goa, il fallait suppléera l'instruction desesclaves, des domestiques, des femmes indigènes épousées par les Portugais et baptisées à la hâte. Put-il aborder les infidèles? Ni lui ni ses biographes ne nous le disent^. Un seul épisode nous a été conservé.
« Lorsque le Père prêchait, raconte son ami le docteur Saraiva, un juif, homme savant dans sa loi, allait souvent l'entendre, mais pour se moquer. Il était si endurci dans ses erreurs qu'il empêchait les autres juifs de se convertir. Le Père trouva moyen des'introduire chez lui; il causa familièrement, dîna à sa table. Bref ledit juif embrassa notre foi et, jusqu'à la mort, vécut en excellent chrétien. Cela fut tenu pour miracle, car il était de cervelle dure, savant et obstiné*. »
1. Mon.Xav.^ p. 386. Les mots entre parenthèses sont pris à la lettre 59 (p. 398).