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rant la discrétion de l'homme de Dieu et sa parfaite dignité, ne pouvait s'empêcher de trouver étranges^.
Loin de Malacca, François songeait encore aux âmes qui se perdaient là, et continuait à travailler pour elles. Un point capital était la modestie des vêtements. En ces climats chauds, on en prenait, paraît-il, beaucoup trop à son aise et, ce qui chez les indigènes était comme naturel et ne choquait personne, devenait, de la part des blancs, effronterie et provocation. Aussi Xavier faisait tout pour aider les pauvres à se vêtir modestement. Revenu plus tard à Goa, il fit de gros achats de toiles, drap et longues mantilles pour femmes : tout cela, à l'usage des Malaquais^.
Que furent les résultats de ces efforts ? Les chansons lascives firent place aux cantiques. Jadis, on voyait errer par la ville des groupes suspects et provocants. Les jeunes filles se promenaient déguisées en hommes : ce scandale disparut 3. L'ordre et la moralité régnaient maintenant au foyer et dans la rue. Le bien réalisé fut grand, assure Valignano"*. Cependant Xavier se plaignait. A l'en croire, ses sermons produisaient peu de fruits. Il était contraint d'avouer que les Malaquais lui donnaient force travail : « On assiège mon confessionnal, disait-il, si bien que je ne puis satisfaire tout Le inonde... » Et il ajoutait : « Je ne suis pas aussi content de mes prédications que mes auditeurs^. »
Que manquait-il donc ? Il ne le dit pas. Mais nous savons que, nulle part, il ne travailla plus longtemps; et nulle part, en somme, son labeur ne fut moins fécond. Aussi lui arrivait-il, en chaire et dans les entretiens particuliers avec le gouverneur, de prédire que cette mollesse à suivre la grâce serait châtiée et à bref délai. Les Javanais et la peste serviraient de verge à la colère divine '^.