‹ Saint François XavierChapitre 314 sur 820 · Barros, Decadas, D. III, 1. IV, ch. 10, p · texte numérisé non relu

Barros, Decadas, D. III, 1. IV, ch. 10, p

3. D. III, 1. II, ch. 8, p. 205 et suiv ; 1. VI, ch. i, p. 1 et suiv.

366 LA MISSfON DES MOLUQUES

escadre, le frère de Fernand d'Andrade, Simon'. Il débarqua, s'imposa, bâtit une forteresse, surveilla l'entrée du port, empêcha les vaisseaux non portugais de faire avant lui leurs affaires, pilla les jonques indigènes, fit des Chinois esclaves, condamna au fouet un mandarin. Bref, soulèvement de la population, massacre de Portugais à Canton, et siège de l'amiral dans sa forteresse. A grand'peine il parvint à s'échapper. Les conséquences de ces folies furent incalculables, et pour le commerce et pour l'Evangile. L'ambassade échoua. 11 est vrai qu'elle avait été mal combinée ; les lettres de créance étaient rédigées en un style trop peu oriental et qui ne pouvait que choquer. Elle coïncidait avec l'arrivée des envoyés du sultan deBintang, prince dépossédé de Malacca^. Or Malacca dépendait vaguement jadis du Siam, tributaire lui-même de la Chine. En s'emparant de la ville, les Portugais avaient lésé les droits de l'Empereur, Pérez fut congédié, jeté aux fers et exilé au fond des provinces. Puis un édit impérial fut afïiché aux portes de Canton, interdisant l'entrée du pays aux hommes « à grande barbe età grands yeux^». L'année suivante, l'escadre d'Alphonse de Mello Coutinho essaya de forcer la barrière et fut repoussée ^.

Pendant plus de trente ans, tout ce que purent les Portugais, ce fut de faire une sorte de contrebande sur leurs vaisseaux, sans descendre à terre, à l'abri derrière quelqu'une desinnombrables îles qui bordent le littoral cantonais. Les mandarins fermèrent les yeux. Ils y trouvaient leur compte. C'est ainsi que la petite île presque déserte de San-Choan, célèbre bientôt par la mort de notre grand apôtre, devint comme le rendez-vous des jonques chinoises et des vaisseaux européens.

En de pareilles conditions, que pouvait être la prédication de l'Evangile en Chine? Il n'y fallait pas songer, et l'on ne voit pas que, dans la première moitié du xvi* siècle, aucune tentative

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