‹ Saint François XavierChapitre 316 sur 820 · Mon. A'ai'., p · texte numérisé non relu

Mon. A'ai'., p

3. H. CoRDiEK, Les Juifs en Chine, Paris, 1891; — Lettres édifiantes et curieuses, Chine, lettre du Père Gozani, 5 nov. 170i, et le mémoire anonyme qui l'accompagne; — Etudes religieuses, 189H, t. II, p. 748, lettre du P. P. M. Gibot, 28 oct. 1770; — L. Pagiîs, Lettres de S. Fr. Xavier^ t. I, p. 227 note ; — Jérôme Tobar, S. J., Les inscriptions juives de K'ai-fong fou (Variétés sinologiques, n" M), Chang-hai, 1907. L'identification des Juifs dont on parlait à Xavier avec ceux de K'ai-fong, est douteuse, car ces Juifs habitaient un pays de montagnes et K'ai-fong est dans la plaine.

peut-être à l'origine, mais nestoriennes dans la suite, on parlait encore, au moins dans les Indes et dans les liturgies orientales. Mais que, un siècle et demi auparavant, il y ait eu à Pékin et ailleurs, des églises, des couvents, des évêchés, personne ne paraissait s'en souvenir, pas plus en Asie qu'en Europe. Les héroïques efforts des Franciscains ont été oubliés. Le moment ne pouvait tarder beaucoup où Ton essaierait de reprendre l'édifice parla base : mais l'heure n'avait pas encore sonné. Pour le moment, à Malacca, ce sont les rois chrétiens de Macassar qui préoccupent notre apôtre.

Pensant toujours que son départ était proche, il s'était mis à traduire les prières et le catéchisme en malais. « Voilà mon gros travail, disait-il... car c'est chose très pénible que de ne pas savoir la langue ^ » En même temps, il recueillait quelques renseignements sur ses futurs chrétiens : « Ceux qui viennent de là, dit-il, affirment que le pays est bien disposé ; les conversions y seront nombreuses. Pas de maisons à idoles, personne pour les pousser à l'idolâtrie. Ils adorent le soleil à son lever : c'est là tout leur paganisme. Mais ils sont toujours en guerre les uns contre les autres^. «

Un peu sommaire, l'information était exacte. Les Macassars et leurs voisins, les Boughis, formaient une race fière, à l'allure décidée ; violents par accès, mais en général sociables et doux, d'une probité commerciale connue, d'une loyauté de parole rare en pays d'Orient. Mœurs déplorables, il est vrai, mais pas ou peu de mahométisme : c'était un gros obstacle en moins. Pour religion, un animisme assez élémentaire, mêlé de pratiques hindoues. Ils n'adoraient que le soleil et la lune. Pas de temple, aucune matière n'étant assez précieuse pour enclore la divinité. On sacrifiait sur la place publique. On priait debout, les yeux au ciel. Avec cela, superstitieux. Ces divers éléments eussent offert peu de résistance à la logique du christianisme. Et déjà l'événement avait montré que les intelligents insulaires se <Iétachaient facilement de leurs absurdes symboles ^.

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