Reclus, t. XIV, 466. Grande Encyclopédie, au mot Celèbes
Enfin des nouvelles arrivèrent de Macassar, « moins bonnes qu'on n'avait espéré' ».
Voici ce qui s'était passé. Il n'y avait pas loin d'un an que le prêtre Vincent Viégas était parti avec une bonne troupe de Portugais. Le 1®'' février, il débarquait au petit port de Machoquique. Il retrouvait les deux rois baptisés. D'abord tout alla bien. Des chefs voisins demandaient le baptême avec leur famille. Ils furent instruits, et bientôt une solennelle cérémonie faisait entrer dans l'Eglise deux nouveaux roitelets indigènes. Puis le moment vint pour les Portugais de reprendre le chemin de Malacca. Déjà l'on s'embarquait, lorsque l'un des rois néophytes, le chef de Linta, don Manuel, s'aperçut de la disparition d'une de ses filles, Elena Vessiva. Contre le gré de son père, elle s'était fiancée à un officier portugais, Jean de Eredia et prétendait le suivre. Là-dessus, grand tumulte ; le peuple courut aux armes. Pour éviter l'effusion du sang, le prêtre fit lever l'ancre et la jonque s'éloigna. Tel est le récit que, cinquante ans plus tard, on faisait dans la famille des Eredia 2.
Ajoutons que Vincent Viégas, sur les rapports duquel Xavier comptait pour prendre une décision, n'avait pas encore reparu. Il était resté à Gélèbes, poursuivant son apostolat, maintenant la foi dans l'âme de ses néophytes et éteignant peu à peu les sentiments d'aigreur à l'égard des Portugais^.
Que faire donc ? François attendait depuis trois mois. Maintenant, la mousson était renversée '. Avant trois autres mois, impossible d'avoir des renseignements nouveaux. Allait-il s'attarder encore à Malacca lorsque, il le sentait, Dieu l'attirait vers les infidèles et les chrétiens à l'abandon? Il devait savoir, et