‹ Saint François XavierChapitre 322 sur 820 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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2. Lascar, du mot perse las/./iar, armée, camp ; laskari, soldat. C'est le sens primitif adopté par les Portugais . Aujourd'hui ce mot signifie un artilleur-servant, un dresseur do tentes, un matelot. Yule, Glossary.

;>. Process. i^ôO, Baçaim, n. 7. Cf. Lucena, 1. IV, ch. 1, p. 223. Bartoli, 1. II, n. G; SousA, I, p. 332. Ces deux derniers auteurs outrent le témoignage de R. D. Pereira, quand ils disent que Xavier parlait à chacun dans son idiome et que parfois, parlant en une langue, il était compris de tous dans la leur. Le texte dit seulement qu'il leur prêchait na sua propria arafio. — Le Père Gros (t. I, p. 340, note) pense que le passage

phes du saint ont, presque tous, vu là un de ces cas où Dieu accordait à son apôtre de parler des langues qu'il n'avait pas apprises.

Il y avait déjà six semaines que durait le voyage. A la mer de Java avait succédé la mer de Florès ; on était maintenant dans celle de Banda. Le vent poussait toujours, assez violent, et Amboine n'apparaissait pas sur l'horizon. Les pilotes commençaient à s'inquiéter. Ils avaient certainement dépassé le but et, avec le vent qui les emportait au large, il leur serait impossible de virer de bord.

Xavier devina leur pensée secrète : « Soyez sans crainte, leur dit-il, demain Amboine sera en vue. »

Le lendemain, au lever du jour, les côtes se découvraient; le vent diminuait de violence et tournait un peu. Le capitaine, qui voulait en profiter pour gagner au plus tôt Banda, ne jeta pas l'ancre, mais détacha un canot. Le saint y descendit avec son compagnon et quelques hommes, et, tandis que le navire continuait sa route, la chaloupe fit force de rames pour atteindre lacôte^ Soudainapparurent des piroguesmontées par des indigènes qui, à toute vitesse, semblaient fondre sur les Portugais. Tout indiquait, de leur part, des intentions hostiles. Effrayés, les rameurs gagnèrent la pleine mer. Bientôt les pirogues eurent disparu et les matelots restaient, se regardant, hésitant à s'aventurer plus loin. Xavier les rassura ; ils se rapprochèrent de l'île. Mais le vent était si fort qu'il semblait impossible d'aborder. Tout à coup il tomba, et, nous dit Valignano, fout le monde tint cela pour miracle (14 février)^.

Une vaste baie s'ouvrait devant les voyageurs, profonde de

peut s'expliquer sans recourir au miracle. Ce patois était, sans aucun doute, le malais ; Xavier, à Malacca, avait dû commencer à en apprendre quelque chose. Il avait traduit et fait traduire les prières et ce qu'il fallait pour l'iuslruction des Macassars. Ce travail put lui servir sur le vaisseau. Il est possible. — Cependant il devait y avoir quelque chose d'anormal dans le fait de parler aux lascars « en leur patois », pour que le témoin ait songé à nous le signaler. Ajoutons que, dans le texte latin du procès qui est sous nos yeux, cet épisode est encadré entre d'autres faits donnés certainement pour miraculeux par Pereira.

1. Proress. i'iôti, Cochin, n. 7 et 16. Diogo Pereira (n. 34) suppose que le navire était allé jusqu'à Banda et que Xavier en était revenu en caracora (barque malaise).

2. Valignano, p. 72; Tursellini, 1. II, ch. 18; Lucena, 1. IV, ch. 1; Bartoli, 1. II, ch. 6, etc.

sept ou huit lieues. Elle est formée par deux massifs de montagnes boisées que relie au fond un isthme bas et sablonneux. En arrière on devine une autre baie symétrique et plus petite. A main droite, assez loin de l'entrée, est le village qui donne à l'ile son nom. Les Portugais y avaient une factorerie sommairement défendue, où ils faisaient le commerce des clous de girofle.

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