‹ Saint François XavierChapitre 323 sur 820 · II. — Chez les sauvages Alfoiirous · texte numérisé non relu

II. — Chez les sauvages Alfoiirous

Ce que Xavier venait chercher à Amboine, c'était les chrétiens baptisés en 1537, et, depuis ce temps, restés sans pasteur ^ Il pouvait y en avoir quelques centaines. Ils avaient été recrutés vraisemblablement, non pas chez les Malais musulmans de la côte, mais chez les sauvages de l'intérieur, les Alfourous. C'est un groupe factice d'insulaires barbares éparpillés dans tous les archipels de la région, des Philippines à Florès et des Moluques à Bornéo. Race composite, dont les traits varient d'une île à l'autre : noirs ici, et là très clairs, allant du type fin des Javanais ou des Philippins au type bestial des Papous. A cette dernière catégorie appartenaient ceux d' Amboine. Ce n'était probablement pas, comme leurs voisins de Céram, un peuple de coupeurs de têtes, mais des gens doux et craintifs. Leur religion était l'animisme des peuples dégradés. Vague croyance à un être suprême, culte rendu aux génies. Pour idoles, sans doute comme chez les peuples des environs, des bustes grossiers de grandeur naturelle, taillés à coup de hache dans un tronc d'arbre, sous un toit en feuilles, avec un service de poteries fêlées et ornés de lambeaux d'étoffes; tout l'attirail du fétichisme le plus épais^.

Beaucoup de ces pauvres gens avaient accepté le baptême par haine et peur des musulmans : « Les gentils de cette région de Maluco, écrivait Xavier, sont plus nombreux que les Mores. Ils s'aiment peu entre eux. Les Mores donnent aux gentils le choix entre se faire Mores ou devenir esclaves. Ni l'un ni l'autre n'est du goût des indigènes. S'ils avaient un prédica-

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