Do CouTO, D. V, 1. VI, ch. 5, p
2. TEyitii'scvi, Le$ possessions hollandaises dans l'Inde archipélagique, Leyde, 1847-49, t. III, p 229 ; — Reclus, t. XIV, p. 486; — Raffray, dans le Tour du Monde, 1879, t. I, p. 23i (Voyage en Nouvelle-Guinée).
leur, tous se feraient chrétiens : ils aiment mieux cela qu'être musulmans. Voilà soixante ans, il n'y avait ici que des idolâtres et pas un More. Deux ou trois caciz, venus de la Mecque, où, dit-on, est le corps de Mahomet, en ont converti beaucoup à leur secte. Ce qu'ils ont de mieux, ces Mores de Maluco, c'est qu'ils sont fort ignorants sur leur religion perverse. S'ils ne se font pas chrétiens, c'est faute d'apôtres'. »
Aussitôt débarqué, le saint se construisit une chapelle en ramée, après quoi il se mit en quête des chrétiens 2. Cet apostolat, il nous le résume en trois lignes : « Amboine est une île de trente lieues de tour... elle contient six localités chrétiennes. J'y ai baptisé les enfants : beaucoup moururent peu après. On eût dit que Dieu les avait gardés jusque-là pour leur permettre d'entrer dans la voie du salut'^» Essayons de voir ce qui se cache sous ce récit par trop sommaire.
11 fallait chercher les chrétiens en pleine montagne. Course extrêmement pénible. Les Européens aujourd'hui ne s'aventurent à l'intérieur qu'en palanquin suspendu à un long bambou. Xavier allait à pied. Les descriptions des voyageurs nous permettent de le voir escaladant les pentes, descendant au fond des ravins, glissant sur la terre glaise, toujours en danger de rouler dans les torrents; ou encore plongé dans les grandes herbes, courant sous les girofliers, dans une atmosphère de parfums capiteux et soulevant des nuages d'insectes^.
Il n'était pas facile d'atteindre les indigènes. Ils vivaient le plus possible à l'écart, au fond des bois. C'était crainte des musulmans, et surtout instinct de race. Souvent, dans ces îles,
1. Mon. Xa(>., p. 402. Tursellini et Lucena disent qu'un prêtre venait de mourir à Amboine quand Xavier y débarqua. Les lettres du saint n'en parlent pas. — La chronologie du séjour à Amboine peut s'établir comme 11 suit : 1» Le 14 février, arrivée dans l'île [Mon. Xac, p. 417). — 2* Derniers jours de février ou commencement de mars, entrée au port des vaisseaux espagnols (p. 399, 425). — 3» 10 mai, lettres 56 et 58; la flotte vient de partir, le saint se prépare à passer à Maluco. — 4° 16 mai, lettre au roi. — 5° En juin, départ d'Amboine, et arrivée à Ternate en juillet (Valignano, p. 74).
2. Process. y.").j6', Goa, n. 12. Les chrétiens devaient se trouver dans la partie sud de l'île, celle où les Portugais avaient leur station. C'est là que, aujourd'hui encore, se voient les derniers débris de l'ancienne mission. La péninsule nord est toute musulmane. Les trois premiers villages chrétiens étaient Ativa, Matelo et Nucivel ou Mecivel (do Couto, I). V, 1. VI, ch. 5, p. 55 ; Sousa, I, p. 364) .