Mon. Xav., p
k. Annales d'Extrême-Orient, juillet 1888, p. 14 (M. Meynier d'Estrey).
l'explorateur ne rencontre devant soi que villages déserts. Les habitants se sont cachés, ou bien ils tiennent leurs portes soigneusement closes, et ne sortent qu'une fois les intrus passés '. Gomment les forcer à se montrer ? Xavier imagina d'aller chantant des psaumes et des hymnes. A cette voix, les Alfourous quittaient leurs retraites et se risquaient au dehors 2. Il reprit alors ses procédés de la Pêcherie.
Voici ce qu'il faisait, dit Tursellini : « Un enfant le précédait portant la croix. 11 allait de porte en porte, demandant s'il y avait des malades, des nouveau-nés à baptiser, des morts à ensevelir. Trouvait-il un malade, il levait au ciel les yeux et les mains, récitait sur lui le symbole et un évangile. Et, souvent, c'était la guérison pour le corps aussi bien que pour l'âme. Les morts, après avoir récité sur eux les prières de l'Eglise, il les ensevelissait. Puis, il disait la messe pour eux et nul n'eût pu décider s'il faisait plus de bien aux vivants qu'aux défunts. »
Cette explorationterminée, il voulut connaître les îlesvoisines, fréquentées des marchands, et qui, vers l'est, bordaient l'horizon 3. Sur ces excursions'^, sa correspondance est muette; nous les connaissons par quelques détails recueillis dans un procès canonique fait à Manille en 1608.
Cette année-là, des Portugais chassés d'Amboinepar les Hollandais, se réfugièrent aux Philippines. L'un d'eux ne tarda
1. Ida Pfeiffer, Voyages autour du monde, Paris, 1868, p. 215; — Reclus, t. XIV, p. 484.