‹ Saint François XavierChapitre 330 sur 820 · Process. 1556, Cochin, n. 8; cf. Colin, p · texte numérisé non relu

Process. 1556, Cochin, n. 8; cf. Colin, p

certes, pas un parmi eux n'aurait osé retourner à sa première manière de vivre, tant ils respectaient ledit Maître François'. »

Ce labeur s'était prolongé déjà bien au delà du carême, quand éclata une épidémie^. François se trouvait là dans son élément. Il se donna aux malades comme il s'était donné aux pécheurs. « Je l'ai vu, racontait un sénateur de Goa, François Palea, au milieu des infirmes qui étaient nombreux, et il y avait beaucoup de morts. 11 travaillait continuellement, confessait jour et nuit, enveloppait les morts dans leur linceul et les ensevelissait. 11 disait la messe pour eux et tout le monde admirait son ardeur^. » On le voyait mendier auprès des marchands^ vivres, vêtements, remèdes. Lui-même les distribuait, faisait la cuisine, nettoyait le linge et les nattes des malades. Les Portugais d'Amboine et de la flotte se conduisirent en ces conjonctures comme de sincères chrétiens. C'est le témoignage que leur rendit Xavier lui-même, en les recommandant à la générosité du roi. « Ils ont beaucoup dépensé du leur, sans pouvoir se compenser par les cargaisons de clous de girofle. Ils ont entretenu à leurs frais des lascars pauvres et les Castillans. Ils se sont montrés moins marchands que vrais cavalleiros. A Dieu et au roi de les récompenser^. »

D'aucuns cependant se fatiguèrent des importunités du saint infirmier. « Il y avait là, raconte encore François de Palea, un certain Jean de Araujo qui attendait le moment de partir pour Maluco avec le Père. Celui-ci, à plusieurs reprises, lui demanda à manger pour les malades et surtout du vin, dont il avait une provision et qu'il gardait pour son usage. Le Père était revenu plusieurs fois à la charge et Araujo, craignant d'être pris au dépourvu, commençait à se faire prier. François me demanda un jour d'aller moi-même quêter un peu de vin pour un infirme, mais en mon propre nom, pas au sien. Je le fis . Araujo me donna ce que je voulais, mais déclara que c'était la dernière fois. Je rapportai ce propos à Xavier, qui me dit : « Mais à quoi songe

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