‹ Saint François XavierChapitre 331 sur 820 · Mon. Xav.. p · texte numérisé non relu

Mon. Xav.. p

Jean de Araujo ? Croit-il qu'il boira lui-même son vin? Qu'il le sache : on vendra sa cargaison ici même, car il ne va pas tarder à mourir. » Peu après, moi présent, le Père avertit Araujo d'être libéral pour les malades, car sa fin était proche. » Prédiction qui fit beaucoup de bruit'.

Araujo, nous le supposons, mit ordre aux affaires de sa conscience ; mais Xavier fut moins heureux avec un autre Portugais. Continuellement il l'avertissait de n'être pas si avide des biens terrestres; rien n'y faisait, et Odoard de SeveralFonseca assure avoir souvent vu le Père fondre en larmes devant cette obstination 2,

Le mois de mai était arrivé. La mousson allait se renverser; il n'était que temps de mettre à la voile, si l'on voulait, cette année-là, gagner les Indes. Les malades étaient loin d'être tous guéris; ils durent cependant s'embarquer 3. Xavier fit tout ce qu'il put pour les pourvoir du nécessaire. Il les recommanda à ses amis de Malacca et des Indes. Il écrivit au Père Paul de Camérino de loger au collège les Pères Augustins. « Ce sont, disait-il, de si religieuses, de si saintes personnes, qu'elles méritent d'être bien accueillies^. » Quanta l'amiral espagnol, il ne put suivre les siens. Il languit quelques mois encore. Plus tard, étant à Ternate, François s'interrompit au milieu d'un sermon : « Récitons, dit-il, un Pater noster et un Ave Maria pour le chef de Varmada des Castillans qui vient de mourir à Amboine^. »

Le départ de la flotte laissait à saint François Xavier quelques loisirs : il rédigea sa correspondance pour les Indes et l'Europe^.

1. Process. 1556, Goa, n, 16. Cf. ibid., n. 12, Baçaim, n. 4, etc. Valignano, p. 73, et la bulle de canonisation.

Page 1