Mon. Xav., p
5. Valignano, p. 78. Daprès do Couto, il serait mort à Ternate, D. VI, 1. I, ch. 6, p. 40; cf. Process. 155G, Goa, n. 2.
6. Lettre 56, aux Pères d'Europe ; — lettre 58, aux Pères Paul de Camérino et Jean de Beira; — une lettre au roi, perdue (p. 421); — lettre 59, au roi. Les lettres 50 et 58 sont du 10 mai, et la dernière du 16. Les lettres 57 et 60 sont apocryphes.
Des extrémités du monde connu où il se trouvait, sa pensée se reporta vers ceux que, depuis déjà quatre ans, il avait quittés. Aux Pères de Rome et de Lisbonne, il envoyait le récit de ses derniers travaux, et, comme toujours, sa lettre se terminait par une effusion de tendresse. Plus reculait dans le passé l'heure où il s'était éloigné, plus il se sentait avec eux en communication de mérites et de prières.
« Pour l'amour du Christ Notre-Seigneur, de sa Mère très sainte et de tous les Saints qui sont dans la gloire du Paradis, je vous prie, mes très chers Frères et Pères, ayez de moi un souvenir spécial, recommandez-moi sans cesse à Dieu, car je vis dans un grand besoin de sa faveur et de son aide. J'ai donc aussi besoin des vôtres. J'en ai fait souvent l'expérience : vos prières m'ont soutenu et fortifié en nombre de souffrances d'âme et de corps. Pour ne jamais vous oublier, pour avoir de vous un souvenir continuel et particulier, pour ma grande consolation, sachez, très chers Frères, que j'ai découpé dans vos lettres vos signatures, écrites de votre main, et, avec la formule de ma profession, je les porte continuellement sur moi. C'est ma joie. Je rends grâces à Dieu Notre-Seigneur d'abord, puis à vous, Frères et Pères très doux, de ce que Dieu vous a faits tels que, rien que porter sur moi vos noms me remplit de joie. Et bientôt nous nous reverrons dans l'autre vie, puisque nous ne pouvons plus nous revoir ici-bas. Je n'en dis pas plus long...
« Vester minimus frater et filius.
« Franciscus ^ . »
Voici maintenant ses espérances et ses projets. 11 va partir pour l'autre archipel, Maluco. Là surtout il trouvera des Portugais. Les marchands lui ont donné déjà des renseignements. Ils lui ont dit qu'à soixante lieues plus au nord, il y a une terre où vivent des chrétiens. C'est la « côte du More ». Ils sont nombreux, mais sans ombre d'instruction. Les prêtres qui les ont baptisés ont disparu et n'ont pas été remplacés. Cette terre commence à l'attirer invinciblement. Ames rachetées du sang de Jésus-Christ, c'est à elles qu'il faut aller, c'est leur caractère