‹ Saint François XavierChapitre 333 sur 820 · Mon. Xat>., p · texte numérisé non relu

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baptismal qu'il faut, avant tout, cherchera vivifier. Déjà enfants de l'Eglise, ils doivent passer avant tout le reste. Ce qu'il sait du pays n'est pas attrayant. Race perfide : une de ses pratiques les plus ordinaires est l'empoisonnement. Aussi n'a-t-on guère de zèle pour y aller aider les chrétiens. Il les faut aider pourtant, les instruire, les sauver : « J'irai donc, dit Xavier, c'est chose décidée, secourir ces chrétiens in spiritualibus^. »

Ainsi peu à peu les vues de Dieu sur lui, soupçonnées aux Indes pendant les nuits de prière à l'église de San Thomé, allaient se précisant. Elles l'avaient d'abord mené à Malacca, puis éloigné de Macassar, puis jeté sur les côtes d'Amboine, et maintenant, il le sentait, le dernier terme auquel Dieu le voulait conduire, c'était ce véritable enfer des Moluques, ce qu'on appelait l'a île du ISIore ».

Mais, à la pensée des dangers que certainement il allait courir sur ces plages inhospitalières, que se passait-il en son âme? Ce qui suit est-il simplement une leçon à l'adresse des futurs apôtres qui lui viendront d'Europe ou bien une sorte de confidence voilée? Après tout, en face des croix que Dieu lui préparait et qui l'attendaient à brève échéance, pourquoi n'aurait-il pas eu, lui aussi, comme le Maître, son moment de peur et de dégoût, et surtout, peut-être, la tentation de se rejeter sur l'appui des hommes?

« Je m'offre, dit-il, à tous les périls de mort ; car toute mon espérance, toute ma confiance est en Dieu Notre-Seigneur. Je désire me conformer dans la mesure de mes petites forces à cette parole du Christ, notre Rédempteur et Seigneur : « Qui enim voluerit animam suam salvam facere^ perdet eam : qui autem perdiderit animam suam propter me inveniet eani^. » C'est là un latin facile à comprendre, quand on prend en général la sentence du Seigneur. Mais, quand il faut en venir aux applications personnelles, s'apprêter à perdre la vie pour Dieu afin de la mieux retrouver, s'offrir aux hasards périlleux, dans lesquels bien probablement on perdra la vie, alors l'objet de nos résolutions devient ténébreux. Ce latin si clair s'obscurcit.

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