‹ Saint François XavierChapitre 349 sur 820 · Mon. Xaf., p · texte numérisé non relu

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5. Polanco, t. VI, p. 813. Le chiffre global de 20.000 chrétiens, donné à cet endroit, semble inférieur à la réalité. 700 familles à 4 membres chacune donneraient déjà 28.000 âmes. D'après le Père de Guzman (p. 110), lorsque, en 1556, le Père Jeande Beira quitta les Moluques, il laissa dans les îles du More 36/>oZ>/a<to7(es chrétiennes dont quelques unes avaient 800 casas.

tard, 1569, le Père Antonio Marta pourra déclarer que cette chrétienté des îles du More est la plus florissante et la plus fervente des Moluques. Les lies de Morotay et de Riéou étaient complètement chrétiennes. En tout, près de 80.000 baptisés*.

La gloire d'un pareil succès ne doit pas revenir à François tout seul. Les disciples furent dignes du maître. 11 est vrai qu'après la mort du saint, se produisit un travail de simplification légendaire : on ne vit que le maître, et les disciples furent oubliés. A son travail personnel, on attribua ce qui était le fruit combiné de leurs efforts et de ses mérites 2.

Mais ces mérites étaient immenses; car jamais peut-être il n'eut plus à souffrir qu'aux îles du More. Le pays était âpre, montueux, difficile. « On ne sait, disait-il dans une lettre, ce que c'est que le pain et le vin ; pas de viande, pas de troupeaux, à peine quelques porcs. » En bien des endroits, pas d'eau potable. Il y a bien des sangliers dans la forêt, et du riz en abondance. Certains palmiers fournissent un breuvage et une espèce de farine^. « Mais ce serait un régal ici, pour nos malades, écrira plus tard un missionnaire, que d'avoir un peu de vrai pain de froment^. » C'était aux Pères des Indes à fournir du nécessaire leurs confrères du lointain archipel^.

François n'avait pas l'habitude de dissimuler aux élus de l'apostolat les réalités crucifiantes de leur vocation. Aux îles du More, il leur fallait donc s'attendre à une vie d'extrême dénuement. 11 leur a parlé aussi des périls sans nombre, naufrages, famines, persécutions, poison et le reste. Il n'a pas dit ce

1. SousA, t. II, p. 306. Du Jarric (t. I, p. 697) assure que la conquête hollandaise unie aux persécutions musulmanes fit disparaître plus de 60.000 chrétiens. En 1644, il en restait un peu plus de 3.000.

2. Delà vient sans doute qu'on lui a prêté un voyage à Mindanao dont il n'est pas question dans ses lettres. Mindanao n'aurait même été qu'une partie de Islas de Moro, lia été répondu à cette théorie parle P. Pio Pi, S. J., dans sa Disertacion sobre la i-enlda de San Francisco Javier à Filipinas, Manille, 1909. Il est vrai que la bulle de canonisation cite les Mindanaais parmi les peuples évangélisés par Xavier. Rien n'empêche qu'il n'ait converti des habitants de cette île, sans sortir des Moluques.

3. Mon. Xav.^ p. 462. Le palmier sagoii, dont la moelle fournit la fécule alimentaire connue sous le nom de sagou perlé. Le sanglier abonde dans l'île, et, aujourd'hui, les indigènes font commerce de sa chair séchée au soleil (Vivien de S. -Martin, t. II, p. 476). — A ces ressources il faut ajouter, d'après d'autres missionnaires (Polanco, VI, p. 812), les poules qu'on ne tuait jamais, mais qu'on réservait pour les œufs, les œufs des tortues de mer, et le lait des phoques.

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