‹ Saint François XavierChapitre 350 sur 820 · Sel. Ind. Ep.,f · texte numérisé non relu

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qu'en ce genre, il eut personnellement à souffrir. II ne raconte pas ses courses sur mer dans les minuscules pirogues des indigènes^ On assure qu'il fit trois fois naufrage, et passa deux ou trois jours sur une épave, au gré des vagues^. A chaque instant, dans l'histoire de ses successeurs, on parle de barques renversées, de bagages perdus, de missionnaires jetés à la côte, nus, mourant de faim et de fièvre 3. Il glisse sur les tentatives d'assassinat. Il ne dit rien de l'hostilité continue qu'il rencontra de la"partdes musulmans. Ce n'est pas lui qui nous apprend comment une fois, poursuivi par les Mores, qui en voulaient à sa vie, il dut se cacher plusieurs jours dans les broussailles.

Au milieu de ces luttes et de ces labeurs, que devenait l'âme du saint? Ecoutons ses confidences :

« Ce que je vous en dis est pour vous montrer comment ces îles abondent en consolations spirituelles. Tous ces périls, tous ces labeurs, si on les accepte volontiers pour Dieu, sont des trésors féconds en joies spirituelles. Ces îles sont telles qu'en peu d'années, à force de pleurer de joie, on y perdrait la vue du corps. Je n'ai pas souvenance d'avoir été plus heureux ailleurs et plus continuellement. Je ne sentais plus ce qui peine le corps. Et cependant j'allais sans cesse à travers des lies entourées d'ennemis, peuplées d'amis peu sûrs, sur une terre sans remèdes contre les infirmités corporelles, sans rien de ce qui peut conserver ou protéger la vie. Ces îles, on les appellerait bien mieux îles de V espoir en Dieu^ qu'îles du ^ More^. »

François n'était pas au bout de sa carrière. A peine s'il avait quarante ans. Mais, dans les années qui lui restent, partout où

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