‹ Saint François XavierChapitre 352 sur 820 · Mon. Artf., p · texte numérisé non relu

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il ira, il gardera le souvenir des trois mois passés là, parmi les sauvages, en réalité seul avec Dieu, et le cœur débordant de joie. Plus tard on écrira des Indes : « Le souvenir de son séjour aux Moluques lui demeura comme celui du temps le plus heureux de sa vie ; parce que, disait-il, jamais il n'avait été plus dénué de tout secours humaine » — «Ne me délivrez pas des tribulations, disait-il à Dieu, à moins que ce ne soit pour m'en envoyer de plus grandes à souffrir par amour pour vous. » C'est que, là, rien ne le détournait de la pensée de Dieu. Sa prière était ininterrompue. L'apostolat de toutes les heures ne l'empêchait pas de prier sans cesse. Une partie de la nuit, on le voyait dehors, les yeux levés et pleins de larmes, devant le ciel étoile 2.

Les mois d'octobre, de novembre et de décembre s'étaient écoulés dans ces labeurs et ces consolations. Le but que le saint s'était proposé en visitant les Moluques était atteint. D'une part il avait ramené au christianisme les néophytes apostats et converti beaucoup d'infidèles. D'autre part, il avait maintenant parcouru toutes les stations un peu importantes des Portugais dans l'Extrême-Orient ; il en connaissait la situation morale et religieuse. 11 y avait constaté de grands et pressants besoins. Il y avait porté remède en partie. 11 avait visité quelques-unes des terres d'infidèles oii il y avait espoir de recueillir quelque fruit. 11 s'était fait son expérience de leurs ressources religieuses et matérielles; il savait ce qu'il était en droit d'exiger des missionnaires qu'il y enverrait. Il avait, par sa sainteté et ses exemples d'héroïsme, par les miracles semés sur sa route, jeté des germes qui n'avaient plus qu'à être cultivés. Il résolut de rentrer à Goa pour répartir, entre toutes ces colonies, les Pères qui devaient être arrivés d'Europe pendant son absence.

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