‹ Saint François XavierChapitre 354 sur 820 · Vaugnano, p · texte numérisé non relu

Vaugnano, p

2. Do GouTO, D. VI, 1. I, ch. 4 (p. 22, 24) ; 1. VII, ch. 6 (p. 107). Aério fut justifié, parce que, en somme, Freytas ne s'en était débarrassé que pour rendre possible le gouvernement de Tabarija. A son tour, Freytas fut renvoyé aux Moluques absous, pour y achever son temps de gouvernement, parce qu'il n'avait guère pu faire autrement qu'il n avait fait. Plus tard il fit prendre possession de son fief d'Amboine (D. VII, 1. X, ch. 13, p. 5i3).

indigènes, entourée d'un luxe vraiment royal pour le pays, mais étroitement surveillée par le jaloux Aério. Xavier la visita; il lui inspira de hautes pensées sur le royaume de Dieu ; il l'instruisit, et, peu à peu, cette princesse, qv.l n'avait plus rien à attendre de la terre, tourna ses désirs vers le ciel. Très supérieure par le caractère et l'intelligence aux femmes de son pays, elle comprit les leçons de piété qu'il lui donnait. Sous la direction du saint, elle devint humble, modeste, résignée, charitable, bien plus estimée de tous, chrétiens et Mores, qu'au temps de sa puissance. La persécution ne lui manqua pas. Aério en vint à confisquer ses biens et la reine fut réduite à la pauvreté. Rien ne l'ébranla^

Il y eut d'autres conversions dans la famille royale : un caciz ou docteur musulman, parent du roi2,et deux de ses demi-sœurs. Leurs deux mères, qui jadis, comme dona Isabelle, avaient fait partie du harem de Boléife, en eussent fait autant, sans la crainte d'être, elles aussi, privées de leurs biens 3.

Xavier aurait voulu convertir le sultan lui-même. Il affectait le plus grand dévouement pour les Portugais, se vantait d'être leur vassal, ne disait jamais que le « roi du Portugal, mon maître ». En somme on l'avait bien traité à Goa; s'il avait eu à souffrir des étrangers, c'est aux étrangers qu'il devait sa couronne. Le missionnaire eut bientôt chez lui ses entrées libres. « Le roi, écrivait-il, me montrait beaucoup d'amitié, à rendre jaloux les courtisans,... mes visites lui faisaient plaisir. » Et il essayait de le raisonner. Aério se dérobait. « Chrétiens etMores, disait-il, adorent le même Dieu; un jour la fusion se fera entre eux. ))11 offrait au christianisme un de ses nombreux fils, promettantde lui donner en apanagelesîles du More. Il enavait écrit à Goa et l'on attendait la réponse du gouverneur. Personnellement, tenait-il beaucoup à l'islam ? Xavier ne le croyait pas. « Du mahométisme il n'a guère que d'avoir été circoncis dans son enfance, et d'avoir, devenu grand, pris une centaine de femmes principales, sans parler des autres. » Ce qui l'arrêtait c'était

1. POLANCO, t. VI, p. 811 ; — LucENA, 1. IV, ch. 6, p. 252; — Sousa, t. I, p. 379; — Bartoli, 1. II, n. 10.

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