‹ Saint François XavierChapitre 357 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

l'action de Dieu dans les âmes Ml y a pourtant matière à utiles développements dans cette phrase de son canevas, par exemple : « Tout bon chrétien est tenu de croire fermement et sans hésitation au Saint-Esprit, (d'obéir) à ses saintes inspirations qui nous défendent de faire le mal, inclinent nos cœurs à garderies dix commandements de Dieu et ceux de la Sainte Mère l'Eglise universelle et à nous donner aux œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. . . Nous croyons, nous, les vrais chrétiens, que les bonnes œuvres et mérites de Jésus-Christ se communiquent et profitent à tous les chrétiens en état de grâce. Dans le corps matériel, les œuvres d'un membre profitent à tout le corps; ainsi du corps spirituel qui est l'Eglise. De même que delà tète descend aux autres membres la vie qui les soutient, de même du Christ Notre-Seigneur, Fils unique de Dieu, tête de tous les vrais fidèles, se communique la vie spirituelle par le canal des sept sacrements, etc^. » Evidemment ceux qui reprochent à saint François Xavier, de ne rien dire à ses néophytes qui « relève l'honneur du Christ et l'action du Saint-Esprit », n'ont point lu son opuscule sur le symbole.

Dans la pensée de l'auteur, il y avait là une sorte de catéchisme de persévérance. On l'abordait lorsque, longtemps répétées, patiemment commentées, les prières étaient entrées dans la mémoire. Tous les jours, le catéchiste devait expliquer quelques mots du texte. Il y en avait à peu près pour un an, et le Père comptait qu'arrivés au terme, les néophytes sauraient assez bien leur religion pour détester l'idolâtrie, les fictions mensongères sur les faux dieux, elles sorcelleries^. Traduites en malais, ces leçons étaient un commencement de littérature chrétienne indigène qu'on pouvait opposer aux chants et aux légendes païennes.

Aussi le catéchisme du Père Maître François, fut bientôt connu dans toutes les îles. On en fit des copies, il courut de main en main. Après la mort du saint, dans les endroits qui manquaient de prêtres, on le lisait en public les jours de fête ; les

1. « Il est triste de ne trouver dans ses lettres, à cùté de nobles pensées religieuses, rien qui relève l'honneur du Christ et l'action du Saint-Esprit. Partout la Vierge et les saints présentés d'une façon idolàtrique. » H. Venn, p. 37, 39.

plus intelligents de la communauté l'expliquaient aux autres; les enfants le savaient par cœur, ils le chantaient jour et nuit, partout'.

Le moment de partir était arrivé.

« J'aurais voulu, dit Xavier, éviter les pleurs et les lamentations de mes amis, hommes et femmes. Je m'embarquai donc au milieu de la nuit. Vaine précaution, je ne pus échapper aux adieux 2. »

Une foule immense était sur le port et, quand il fallut se quitter, un grand gémissement s'éleva. Tous eussent voulu recevoir le baiser de l'apôtre. Lui, les embrassait, consolait, encourageait. Il promettait la prompte arrivée de nouveaux missionnaires. Il leur avait écrit d'Amboine ; ils pourraient se consoler avec eux. Les esclaves et les enfants pleuraient tout haut^.

« Cette démonstration, continue Xavier, eut son utilité. Je compris que mon éloignement pouvait faire du tort à l'âme de mes fils et filles selon l'esprit. » Il demanda donc que l'on voulût bien ne pas attendre la venue des Pères pour reprendre les usages introduits par lui. Mieux valait les empêcher de tomber en désuétude. Déjà il avait réglé que, tout comme lorsqu'il était là, le soir, la nuit venue, un homme en costume de confrère de la Miséricorde irait, une lanterne dans une main et une cloche dans l'autre, par les rues et les places. Il s'arrêterait par intervalles et crierait : « Priez pour les âmes du Purgatoire et pour ceux qui s'obstinent dans le péché mortel! » Les bons, disait-il, trouvent là une impression pieuse et un encouragement à persévérer; les autres, un principe de crainte salutaire. »

Maintenant, au moment de s'éloigner, un pied déjà dans la barque qui va l'emporter, il obtient d'un prêtre de ses amis la promesse que l'on continuera les prédications. Ce prêtre emploiera, à son exemple, deux heures par jour à catéchiser les néophytes. Une fois la semaine, il prêchera aux femmes des Portugais sur le Credo^ la confession, la communion-*.

1. Du Jakkic, I, p. 168 ; — Bartoli, 1. 111, n. l'i. — Ce caU'chisme fut imprimé à Goa en 155»>. Lettre du patriarche Nimez, 6 novembre 1556 (Bi;ccaki, lierum Aethiopican m scripiores, t. X, p. 64).

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