‹ Saint François XavierChapitre 36 sur 820 · Polanco, I, p · texte numérisé non relu

Polanco, I, p

4. Il est certain d'une part qu'Ignace vint à son secours (Polanco, p. 49). Par ailleurs, à la date de 1536, on lisait dans le diarium du recteur de l'université : « D. Nicolaus Alfojisits de Bobadilla... incepturus sub M. Francisco Xabiere. » Le P. Pinius qui cite ce texte, le commente ainsi : « Id est adeptiirus <fraduni magisterii » [Acta S. S., 31 juillet, n. 172). Une notice manuscrite reproduite par le P. Astrain (t. I,p.77) nous apprend que Bobadilla, déjà licencié, étudiant en théologie, était venu à Paris étudierles langues savantes, que presque aussitôt il avait été admis comme professeur de philosophie du collège de Calvi. Ces détails ne sont pas contradictoires. Licencié à Alcala, Bobadilla n'avait pas le titre de maître es arts. Pour le conquérir, il lui fallait s'attacher à un maître en exercice : le maître fut Xavier. 11 est assez vraisemblable qu'Ignace, qui s'intéressait beaucoup à Bobadilla, les mit en relations.

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pénétra si bien et si profondément que, douze ans plus tard, c'est cette même parole qu'il priera le Père Simon Rodriguez de faire retentir aux oreilles du roi de Portugal, Jean 111. « Que tous les jours, écrira-t-il, le roi passe un quart d'heure à demander à Dieu Notre-Seigneur de bien entendre et de mieux sentir au fond de son âme ce que dit le Christ: Quid prodest homini si universum mundum lucretui\ animae suae detrimentum patiatur? et qu'à la fin de toutes ses prières il ajoute : Quid prodest. . J »

Combien de temps fallut-il au « quid prodest » pour opérer son œuvre de salut? Ce dut être assez long. Mais le dénouement pressait, car, à la crise morale, peut-être allait bientôt succéder la crise de la foi.

Paris était alors en grande effervescence doctrinale. L'hérésie avait passé le Rhin, et il se tenait en pleine capitale des conciliabules luthériens. La sœur du roi, Marguerite de Navarre, était entourée d'hétérodoxes. Le collège de France, fondé et patronné par François I", était peuplé d'humanistes plus ou moins novateurs. L'université était divisée. La faculté des arts se dressait en face de la faculté de théologie, lui reprochant de « laisser de côté l'évangile et les saints docteurs pour je ne sais quelle sophistique ». A deux pas de Sainte-Barbe, au collège de Fortet, depuis 1531, Calvin travaillait dans l'ombre. A Sainte-Barbe même avait passé en 1532 le fameux Nicolas Kop, et Mathurin Cordier en 1535 était sur la liste des suspects. D'autres professeurs encore devaient apostasier un jour et peutêtre déjà étaient ébranlés.

François Xavier eut-il, avec ses collègues réformistes, quelques rapports? Certains historiens protestants assurent que, sans Ignace, il eût été des leurs. 11 existe, affirme l'un d'eux, sans préciser davantage, à la Bibliothèque nationale de Paris, une notice manuscrite d'après laquelle il aurait appris le grec d'un disciple de Mélanchton. 11 en aurait reçu des leçons sur le nouveau testament, par suite desquelles un changement se serait fait dans ses croyances. Mais alors intervint Ignace, et François fut perdu pour la réforme. On ajoute que, malgré

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