Do CoLTO, p. :i'i
if. Mon. Xat'., p. 8>.
'i. Do Couto, p. 347. Au procès de 1616, n. 33, on raconte que Soarez ne voulait pas jeter l'ancre devant Malacca, pour ne pas payer les droits de douane. Xavier qui, de loin, l'ayait vu venir, monta en barque, gagna le large, promit au nom du Capitan pleine franchise et Soarez consentit à prêter main forte aux gens de Malacca. Ce trait est rapporté comme un on-dit. Déjà il se lisait dans Tursellini (1. III, ch. 9) st dans Lucena (1. V, ch. 12). Eux-mêmes semblent l'avoir emprunté, comme beaucoup d autres détails, aux récits de Mendez Pinto.
Pour commandant, don François de Eça ; des munitions pour huit jours, l'expédition ne devant pas durer davantage. La flotte prit le chemin du nord.
Les huit jours passèrent, puis d'autres encore, puis une autre semaine, et les vaisseaux ne reparaissaient pas. L'inquiétude devint de l'angoisse. A défaut de nouvelles, on consultait les sorciers et les sorciers répondaient: « Ils ont tous péri. » Sur ces entrefaites, le roi de Bintang, ayant terminé sa croisière de Patane, était revenu chez lui. Apprenant que la flolte de Malacca poursuivait les Atchénois et que la ville restait sans défense, il crut, lui aussi, Poccasion bonne de tenter un assaut et de reprendre la vieille capitale de ses ancêtres. Il remonta donc avec sa flotte jusqu'à six lieues de Malacca et s'embossa dans la rivière Muar. Peu après, Simon de Mello recevait de son bon ami, le roi de Biutang, une lettre l'avertissant que les Atchénois étaient victorieux; il s'en affligeait Tort. Ils'oflrait à venir à Malacca défendre la ville contre les vainqueurs qui, certainement, ne tarderaient pas à reparaître. » Le porteur du
message devait étudier l'état des lieux et la force des Portuo
gais. Le capitan fit bonne contenance. Il répondit qu'il n'avait besoin de personne. Pàen ne lui manquait, ni les soldats, ni les munitions, ni le courage. Quant à V armada, elle était triomphante, et n'allait pas tarder à rentrer.
Sur cette réponse, le sultan resta en ol)servation. Pendant 23 jours encore, il se tint là, presque aux portes de la ville. « Ces 23 jours parurent longs comme des années », remarque do Gouto. L'on ne savait absolument rien de la flotte, et un ennemi puissant guettait tout près. Aussi « l'on ne dormait plus guère à Malacca ». Simon de Mello ne faiblissait pas; il faisait garder les murailles de son mieux, et tous les jours envoyait épier l'ennemie Pour lui, François prêchait la confiance, mais on ne l'écoutait plus; on murmurait contre lui, responsable qu'il était de l'aventure. Tout le mois de novembre avait passé, l'on était en décembre ; pas de nouvelles depuis six semaines. Les indigènes répandaient les bruits les plus alarmants*.