‹ Saint François XavierChapitre 375 sur 820 · Aujourd hui Kagoshima · texte numérisé non relu

Aujourd hui Kagoshima

4. Lettre de Yajiro dans Chos, I, p. 'i!8 ; Valk.nano, p. 83.

h. a Ce Japonais est communément appelé Angero^ son vrai nom fut Yajii'o. Il prit •ensuite le nom à'Auxcy, quand, au Japon, en signe de renonceaient au monde, il se fut coupé les cheveux et la barbe ; et enfin il reçut au baptême le nom de Paul de Sainte-Foi. » Annaliste de Macao,dans Giios, t. II, p. 'i9; cf. p. 47. M. Haas traduit par ^«s/a'/o (p. 57).

moyenne ', marié, assez à l'aise pour se faire suivre de deux serviteurs^, ni meilleur ni pire que la moyenne de ses compatriotes . îl avait leurs vices et aussi leurs aspirations vagues vers une vie moins souillée. Comme beaucoup d'autres, il avait demandé aux prières et bonnes œuvres des bonzes la pacification et la paix de sa conscience et en avait été pour son argent 3.

Le pauvre homme ne cherchait qu'à sauver sa vie. Mais, au cours du voyage, il causa beaucoup avec le capitaine, etun monde nouveau s'ouvrit devant lui. On lui parla du christianisme et de son apôtre le Père Maître François. « A ce qu'on raconta de sa vie et de ses œuvres, dit-il, il me vint un grand désir de me voir avec lui. Cheminant donc, nous arrivâmes à Malacca, et, comme durant la traversée Georges Alvarez m'avait appris ce que c'est qu'être chrétien, je me sentais déjà quelque peu disposé à accepter le baptême et ce désir allait croissant de jour en jour''. » « Cet Angero, dit de son côté Xavier, venait avec le désir de se confesser à moi, parce que, ayant raconté aux Portugais certains péchés de sa jeunesse et leur demandant comment il pourrait obtenir de Dieu le pardon de fautes si graves, les Portugais lui conseillèrentde venir avec eux à Malacca où il me trouverait^. »

1. « Persona honrrada », dit Valignano (p. 82-83). Nous ne voyons pas qu'il ait été noble (aamuraï).

2. Xavier parle de deux serviteurs (Mon. .Ytif., p. 552), Yajiro n'en indique qu'un (Gros, I, p. 421). D'après le P. Frois (II, p. 49), l'un des deux aurait été frère du Japonais. Faut-il prendre cette expression à la lettre ? S'il avait été vraiment de la famille du fugitif, Xavier, Yajiro lui-même et d'autres auraient, ce semble, souligné davantage sa présence.

3. L'annaliste de Macao nous dit que, «inquiété par les remords de sa conscience, craignant l'enfer et désirant le ciel, il chercha remède à ses maux, sans pouvoir le trouver, auprès des bonzes. Ce que les Portugais lui dirent le déterminèrent à venir à Malacca jour y trouver le Père François » (Gros, II, p. 49). — L'annaliste paraît s'être inspiré ici de Ribadeneira, Vitn del P. Ignacio Loiola, Venise, 1586, p. 383. Or Valignano s'inscrit en faux contre ce récit du biographe : « Ce qu'on dit du Japonais nommé Angero, à savoir qu'il était venu chercher Xavier pour trouver remède aux grands remords de sa conscience, ainsi que toute l'histoire qui suit, est pure imagination. Il no s'est rien passé de plus que ce que je narre dans la première partie de V Historia Indica » [Scripta de Saint Ign .), La censure 1-araît un peu sévère, et Ribadeneira n'en a pas tenu compte dans les éditions postérieures [Vita P. Ignatii, Cologne, 1602, p. 467). Xavier nous dit clairement que le Japonais vint à Malacca con deseo de confesarse comigo ; et qu'il avait demandé aux Portugais le moyen d'être pardonné de ses fautes (p. 433). Il ne s'était point enfui du Japon pour cela, mais s'il poursuivit sa route jusqu'à Malacca, au lieu, par exemple, de s'arrêter en (ihine, c'était pour le bien de sa conscience. Le récit de Valignano, p. 83, est incomplet, et nous avons à y ajouter ce que disent Xavier et le Japonais lui-même dans leurs lettres.

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