‹ Saint François XavierChapitre 38 sur 820 · STRAI.N, I, p · texte numérisé non relu

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l'étudiant 41

« pèlerin » amena le professeur gentilhomme à regarder plus froidement, puis avec défiance, puis avec un saint mépris, ces honneurs ecclésiastiques jusque-là tant convoités.

Ignace ne se contentait pas de parler. Par ses prières, autant que par ses discours, nous dit la bulle de canonisation, il faisait le siège de cette grande âme. D'autres supplications encore montaient vers le ciel.

Au couvent des clarisses de Gandie, l'abbesse Madeleine de Jassu achevait sa vie sainte. Dieu l'avait éclairée sur ce qu'il devait faire de François. Souvent elle dut demander que sonnât l'heure de la transformation surnaturelle. Enfin cette heure arriva. Leur mère à tous deux avait disparu, le jour où, devant le jeune homme sauvé dans ses mœurs, Ignace s'était présenté. Maintenant l'œuvre d'Ignace était presque achevée. L'année scolaire 1532-1533, devait être celle de la conversion. Elle aussi, l'abbesse n'avait plus qu'à mourir.

Dieu lui avait révélé que sa fin seraittrès douce, mais qu'une de ses religieuses mourrait dans l'angoisse. Elle obtint un échange. L'agonie de dona Madeleine fut affreuse; pas un de ses membres n'était sans tortures. Pourtant son visage restait serein. On observa après sa mort, qu'elle avait mis sa langue en pièces, dans les violences qu'elle se faisait pour ne pas crier (20 janvier 1533)'. Qui dira de quel poids la sainteté de la sœur pesa dans la balance, à l'heure où le frère restait encore en suspens?

Lorsque au commencement de 1534 Le Fèvre revint à Paris, c'était fait ; Xavier était tout à Dieu. Doucement détaché de toute convoitise mondaine, il cédait aux sollicitations d'Ignace qui le poussait aux œuvres de pénitence, de zèle et d'humilité. Il fallut même déjà mettre un frein à son ardeur. Il eût voulu abandonner sa chaire du collège de Beauvais, où sans doute les succès ne lui manquaient pas. Ses amis insistèrent pour qu'il la gardât. « Il était déjà, nous dit S. Rodriguez, enflammé d'une telle ardeur, qu'il lui fallut se briser, se surmonter luimême, pour enseigner en public la philosophie d'Aristote pendant trois ans et demi 2. »

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