PoLANco, Chronicon,l. I, p
2. Sel. lad. Ep., p. 24, lettre de Lancilottl. — Cette prlcre de François à Pierre Le Fèvro, jointe à celles de saint François de Sales et de saint François de Borgia, sera mise on avant quand il s'agira de faire monter Le Fèvre sur les autels.
joie et de consolation en une telle épreuve, cela me semble, quand j'y songe, un sujet de confusion. Aussi Je demandais à Dieu Notre-Seigneur, en cette tempête, que, s'il m'en délivrait, «e fût seulement pour m'en faire éprouver d'autres semblables ou plus terribles encore, où je puisse le servir mieux encore.
« Bien souvent, Dieu Notre-Seigneur m'a donné de sentir, au fond de mon âme, de combien de périls corporels et de maux spirituels il m'a préservé par les pieux et continuels sacrifices et prières de tous ceux qui militent dans les rangs de la bénie Compagnie de Jésus et de ceux qui, leurtemps de combat achevé, triomphent aujourd'hui dans la gloire. C'est là un compte que je vous dois rendre, mes bien-aimés Pères et Frères en Jésus- Christ. Ma dette est grande, car vous m'aidez à payer ce qu'à moi tout seul je ne pourrais solder ni à Dieu, ni à vous.
« Quand j'ai commencé à parler de la sainte Compagnie de Jésus, je ne sais plus comment sortir d'un si délicieux entretien, je ne sais plus finir mes lettres. Mais je crois qu'il faut terminer malgré moi, car les vaisseaux vont partir. Je ne trouve pas de meilleure conclusion que de protester à tous ceux de la Compagnie « quod, si oblitus unqitam faero Societatis nomiiùs Jesu\ oblivioni detur dextera mea ». De tant de manières j'ai appris tout ce que je dois à tous ceux de la Compagnie !
« Dieu Notre-Seigneur m'a, en eft'et, accordé cette grâce par vos mérites, de me faire connaître, — autant que le peut ma pauvre intelligence, — ma dette envers la sainte Compagnie. Je ne dis pas que je la connais toute, je n'ai ni la vertu ni le talent pour pénétrer une dette si excessive. Mais, par la miséricorde de Dieu Notre-Seigneur, j'en sais assez, quoique j'en sache bien peu, pour éviter en quelque manière le péché d'ingratitude.
« Je finis donc, priant Dieu Notre-Seigneur que, puisqu'il nous a réunis pendant cette vie laborieuse dans sa sainte Compagnie, il veuille bien, par sa sainte miséricorde, nous réunir dans sa glorieuse Compagnie du Ciel nous qui, en cette vie, avons vécu si éloignés les uns des autres par amour pour lui.
1. Cette expression « la (Àimpagnie du nom do Jésus » se rencontre {;à et là dans la correspondance du saint (p. 551, 623, 719). On la trouve encore dans certains documents anciens; voir par exemple, Epiât. PP. Pase. Broi'ti, Cl. Ja/i, etc. p. 114, 117, '121, 2t9, note 232, etc.
« Pour que vous compreniez bien ce qu'est cet éloignement corporel, sachez que si, de Rome, vous envoyez un ordre de la sainte obéissance à ceux des Moluques ou à ceux qui iront au Japon, vous ne pouvez avoir la réponse avant moins de trois ans et neuf mois. En effet, une lettre envoyée de Rome aux Indes met huit mois à nous arriver. Il faut attendre ensuite pendant huit autres mois le départ des vaisseaux pour les Meluques; vingt et un mois pour aller aux Moluques et en revenir, si la mer est bonne, et enfin huit mois, pour que la réponse aille des Indes à Rome. Encore je suppose que le temps est favorable. S'il arrive quelque contretemps, cela suffit parfois pour prolonger le voyage d'une grande année.
(îMinimus servus servorum Societatis Nomiiiis Jesii. — Franciscus. »
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Préface v
BlBLIOGUAPHIE VII