I. — Les affaires de Vlnde en iôkS-lb^-il
Le 13 janvier 1548, après une absence de trois ans et six mois, saint François Xavier remettait le pied sur le sol des Indes.
Sans tarder, pour profiter des vaisseaux qui allaient partir, il rédigea sa correspondance annuelle : quatre lettres, pour saint Ignace, les Pères de Rome, le roi et Simon Rodriguez ^ . Il racontait ses travaux depuis janvier 1546, et disait ses projets, ses espérances, ses observations. Il ne rentrait pas aux Indes pour y rester : le Japon l'attirait invinciblement. Mais était-ce la volonté de Dieu qu'il allât de ce côté? Il ne savait encore et il priait.
Cependant, dès son arrivée à Cochin, d'autres soucis étaient venus l'assaillir. L'évêque, qui se trouvait alors dans la ville en tournée pastorale, dut lui raconter quelles lourdes croix Dieu lui avait envoyées. Il faut ici reprendre les choses d'un peu plus haut.
Nous avons vu, en janvier 1545, don Michel Vaz, le bras droit du prélat, partir pour l'Europe, chargé de traiter auprès du roi les affaires religieuses d'outre-mer. Dix-huit mois après, septembre 1546, il était revenu armé de pouvoirs très étendus pour la défense de la foi, et spécialement du titre d'inquisiteur apostolique. Jean îll, en même temps, envoyait au gouverneur Jean de Castro une lettre des plus graves^.