Mon. Xai'., p
tage, et il passe à autre chose. A la triste situation de l'Église aux Indes, y a-t-il un remède?
Il n'en voit qu'un, l'intervention énergique des autorités civiles. Que les ordres partent de haut, ils seront respectés. Que le gouverneur le sache, c'est sur lui que le roi compte pour l'extension de la foi, plus que sur les missionnaires. Voici par exemple Geylan:que le roi ordonne, l'île sera vite chrétienne. Le gouverneur prendrait l'affaire en main. Lui-même choisirait des religieux sûrs, leur confierait l'œuvre, leur donnerait pleins pouvoirs sur les autres missionnaires, y compris ceux de la Compagnie. Ils en disposeraient, ils commanderaient, dirigeraient. Que si, après cela, l'île de Ceylan n'est pas bientôt chrétienne... ici le roi menacerait le gouverneur de son indignation, et, pour bien lui faire sentir que ce ne sont pas là tle vaines paroles, aux menaces il ajouterait un serment : « Je jure, si vous ne déchargez pas ma conscience, en faisant beaucoup de chrétiens, qu'à votre retour à Lisbonne, je vous ferai jeter aux fers et rester de longues années en prison, je confisquerai vos biens au profit des œuvres de miséricorde \ »
« Que cela, continue-t-il, soit suivi d'ordres nets et précis : que les négligences soient punies. Alors, il y aura des conversions nombreuses. Sinon, non. Voilà la vérité, mon frère Maître Simon : caetera taceo. Ce sera la fin des injustices, des vols dont sont victimes nos pauvres chrétiens, ce sera un encouragement pourles idolâtres. Mais que le roi dise à d'autres qu'au gouverneur: « Faites des chrétiens », rien de bon n'en sortira. Crede mihi vera dicenti et experto. Pourquoi cela ? Je le sais, mais je dois m'en taire ^. »
Ces dernières réticences cachent sans doute des mystères de mauvaise volonté qui, s'ils étaient connus, expliqueraient cet appel au bras séculier, et en donneraient la vraie portée. Aussi bien, ce que le saint en disait, c'était par acquit de conscience, car, au roi lui-même, il ajoutait : « Je n'espère pas que rien de tout cela se réalise. J'ai presque regret de l'avoir écrit. Cependant, senhor, quand il faudra rendre vos comptes à Dieu, et qu'il vous demandera poufquoi vous n'avez pas agi, j'ignore si ce