Aujourd'hui Tanour
4. Les documents mis au jour par le P. Gros (t. I, p. 324, t. II, p. 177) donnent à cet épisode une couleur absolument différente de celle qu'on trouve dans les vieux historiens Lucena, Bartoli, etc.
besoin d'être catéchisé : les dix mille chrétiens baptisés en un mois ne pouvaient être laissés sans prêtres. Maintenant surtout que Mansilhas était congédié, il fallait reprendre l'œuvre interrompue.
En repassant par Cochin, François Enriquez n'y trouva plus son supérieur. Il était à la Pêcherie où il faisait la connaissance des nouveaux missionnaires. Sa venue fut pour eux la plus douce des joies. Il leur était apparu de loin comme dans une auréole mystérieuse. Ses lettres enflammées, le récit de ses entreprises, l'ampleur de ses projets, les faits extraordinaires qu'on racontait sur son compte, le mettaient à part et au-dessus de ses compagnons. Ajoutez qu'il était un peu signe de contradiction. Tout le monde ne goûtait pas ses méthodes. Tout le monde ne croyait pas aux grandes choses qu'on lui attribuait. Un Père de Lisbonne écrivait le 28 octobre 1548: « Aujourd'hui à la table de l'ambassadeur de l'Empereur... étaient présents... deux gentilshommes... dont l'un. Portugais, revenu récemment des Indes se mit à parler de Maître François, notre vénéré Père, avec une telle chaleur, une telle inspiration, qu'il semblait tout à fait poussé de Dieu pour manifester en cet endroit la vérité sur les œuvres si authentiques opérées par la Divine Majesté en la personne de son bon serviteur, et cela, à la confusion de tel et tel obstiné qui se trouvait là présenta »
De son côté, à Rome, cette même année 1548, Polanco, résumant les lettres et les bruits qui venaient de ITnde, écrivait: « Le Père François est très bref dans ses lettres sur ses œuvres. Probablement c'est humilité de sa part. Mais tous ceux au milieu desquels il vit, les nôtres qu'il instruit par ses paroles et par ses exemples, qu'il anime au travail apostolique, qu'il console par ses charmants entretiens spirituels, en écrivent si long sur son compte^ que l'on devine facilement quelle est son autorité dans l'Inde, quel parfum de profonde édification il laisse partout où il passe... On insinue que le Seigneur fait par lui de grandes merveilles, mais on ajoute que ce sont des choses qu'il vaut mieux cacher 2. »
Ce mystère ne faisait qu'exciter chez les nouveaux venus le