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3. La lettre d'A. de Sousa qui nous fournit ces détails est du 20 décembre 1545.
tout commençait bien. L'on attendait pour un avenir prochain mieux encore, le baptême du prince héritier, de sa sœur, de la reine mère et d'autres intimes. On parlait même du rajah voisin de Batticaloa qui lui aussi voulait se faire baptiser.
Là-dessus, le 17 novembre, le Père Lancilotti écrit à saint Ignace les grandes espérances du moment. « Les deux princes cinghalais sont morts, il est vrai : mais le roi de Kandy leur parent est chrétien, avec une grande partie de son peuple. Nous ne saurions rendre à Dieu d'assez vives actions de grâces, car un immense bien se prépare. Rien n'est difficile comme de jeter le fondement de la foi dans un royaume; mais, quand le peuple voit ses chefs accepter la foi, tous prêtent l'oreille à nos discours'. »
Bientôt cependant des doutes s'élèvent. Oui ou non, ce roi est-il baptisé? s'est-il joué de la crédulité des Portugais ? Le 25 décembre, le gardien des Franciscains, frère Siméon de Goïmbre, mande à Jean 111 que la conversion du roi est prochaine (sans doute sa profession ouverte de christianisme). A sa lettre est jointe une missive du rajah demandantsecours et promettant d'être chrétien-. Le 28, l'évêque avertit le gouverneur que les affaires vont mal à Kandy; c'est une débâcle. La faute en est aux Portugais qui ne sont pas restés à leur poste, et ont laissé le roi seul. Il est déjà baptisé. Tout le pays le serait sans la défection des soldats. 11 faut renvoyer au plus vite cinquante hommes. Dès que l'hiver sera passé, le fils du gouverneur, don Alvaro de Castro, devrait aller là-bas achever cette belle œuvre. Trop heureux si lui-même pouvait en personne aller prêcher ce peuple ^.
Deux jours après, autre sonde cloche. Le Franciscain Antoine Piquyno a envoyé à l'évêque le résultat d'une enquête faite de près et sur place. Le rajah joue la comédie. Il ne s'est fait chrétien que par nécessité. La nécessité passée, il est redevenu idolâtre. Il ne croit à rien. Il ne permet qu'aux esclaves de recevoir le baptême. Il « fait ses pagodes » comme auparavant, etc. *