‹ Saint François XavierChapitre 409 sur 820 · Gros, p · texte numérisé non relu

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L'année 1547 se passa dans ces incertitudes. En avril, au lendemain de ses grandes victoires sur les musulmans de Diu, Jean de Castro vit arriver à Goa un autre Franciscain, le Père Pascal Gonçalez, porteur des lettres du rajah. Traversant l'île, le missionnaire s'était présenté à Jaya-Weira et en avait été bien reçu. Les dispositions du prince paraissaient bonnes. Il se ferait chrétien sans la crainte d'une émeute. Qu'on lui envoyât des soldats pour le défendre etil se déclarerait. Un secours fut promis'; mais, en janvier 1548, lorsque Xavier revint aux Indes, il n'était point encore prêt.

Un chroniqueur contemporain et d'anciens historiens assurent que notre missionnaire intervint dans cette affaire, où jusque-là les fils de saint François avaient seuls été mêlés. Luimême ne nous a rien dit de ces démarches 2. Vraisemblablement l'évêque, qu'il vit àCochin,le mit au courant de tout; peut-être le pria-t-il d'aller lui-même voir le rajah, sonder ses dispositions, le décider à suivre sa conscience. Quoi qu'il en soit, sa courte visite à la Pêcherie terminée, il gagna Ceylan. En février ou en mars, il débarquait au port de Galle. II y guérit en passant un nommé Michel Fernandez qui était à la mort et raconta luimême le fait au procès de 1556^. C'est alors qu'il aurait été à Kandy.

« II trouva le roi, nous dit le Père Sébastien Gonçalvez, mieux disposé qu'il n'avait espéré. » Correa, qui se trouvait alors aux Indes, assure que le rajah rendit au Père de grands honneurs. Il l'êcouta exposer la doctrine chrétienne, se montra prêt à se convertir, lui et son peuple. Mais il voulait des garanties. Il lui fallait une alliance en forme, inattaquable, sur pièces écrites. 11 consentait à unir sa fortune à celle des Européens, mais à la condition qu'on ne l'abandonnerait pas. Requête d'autant plus juste que, l'année précédente, la petite garnison qu'on lui avait envoyée pour le protéger, l'avait quitté. 11 en réclamait une autre de cent hcmmes, qui fût à sa solde et lui

1. Do CouTO, D. VI, 1. VII, ch. 7, p 323; — cf. Gros, I, p. 370.

2. Pas plus que Valignano, Tursellini, Polanco. Le P. Fr. Pérez (Se/. Ind. Ep.,p. 68) qui donne pour ce temps-là l'itinéraire du saint, ne dit rien du voyagea Kandy. Mais le P. Seb. Gonçalvez (Ckos, I, p. 370) en parle, ainsi que Correa (Lenda de lô'il, ch. 85, p. 619), et Lucena (1. V, ch, 26, p. ;i72),

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