Proceis. ^55^, Goa, n
assurât la paisible possession de son royaume. A ce prix, il serait chrétien.
Que pensa le saint de ces propositions? Que pensa-t-il de la sincérité du personnage? On peut se le demander. Le silence absolu qu'il garde dans sa correspondance sur tout cet épisode ne ferait-il pas supposer, si vraiment il a fait le voyage de Kandy, qu'il fut moins enchanté du Cinghalais que ne le laisse croire l'optimisme de certains historiens? Pourtant son devoir était clair; la partie avait été mal engagée; mais on se devait de la soutenir. Il n'eût pas fallu baptiser le roi si vite : une fois baptisé, il eût fallu ne pas l'abandonner. Maintenant on devait réparer cette double faute, et, tout d'abord, lui assurer la sécurité sans laquelle, disait-il, il lui était impossible de vivre en chrétien. Et François aurait accepté d'appuyer en haut lieu les requêtes du prince. Un ambassadeur devait le suivre.
Dans le courant de mars, il débarquait à Goa'.
1. La date est indécise. « A peine j'arrivais au collège, à l'entrée de mars 1548, dit le Japonais Yajiro, que, 4 à 5 jours après (donc entre le 10 et le 15), Maître François nous rejoignit. » (Gros, I, p. 428.) — D'autres disent le 20 mars (Cosme de Torrez, Sel. Ind. Ep., p. 83; Valignano, p. 84; Gonçalvez, dans Gros, I, p. 370). Si cette dernière date est vraie, comme Xavier resta à Goa huit jours (Sel. Ind. Ep., p. 69) et qu'il y revint le 2 avril, il aurait eu cinq jours, pour franchir, aller et retour, les 420 kilomètres qui séparent Goa de Baçaim ; c'est bien peu. Il est vrai que les lettres des Indes résumées dans Polanco (I, 357-358) disent que la rapidité du voyage fut extraordinaire.