‹ Saint François XavierChapitre 419 sur 820 · Fauia y Soi'SA, t. II, P. II, ch · texte numérisé non relu

Fauia y Soi'SA, t. II, P. II, ch

de gagner le sud. Peu d'épisodes durant ce temps. Sa grande préoccupation dut être le collège. Il venait d'y rentrer après deux ans d'absence. En quel état le trouvait-il?

Tout semblait prospérer. La maison était devenue, avec la couvent des Franciscains, le centre des missions asiatiques. Toutes les races s'y trouvaient: on y parlait douze ou treize langues. Outre les Indiens de toute provenance, il y avait là des Africains, des Malais, des Chinois, des Moluquois amenés de Ternate par François, quatre bonzes venus de nous ne savons quel pays bouddhique % quelques jeunes Ethiopiens. L'année précédente, un évêque abyssin était mort au séminaire; on y attendait les Pères de la Compagnie destinés, disait-on, au pays du « prêtre Jean »'-. Parmi les catéchumènes, il y avait encare des réfugiés cinghalais^, l'ambassadeur du roi de Kandy et les trois Japonais récemment arrivés de Malacca.

Ainsi le collège tendait à se doubler d'un catéchuménat. L'habitude était prise d'y envoyer les Orientaux de distinction qui laissaient entrevoir quelque espérance de conversion. Lorsque, leur éducation finie, le moment semblait venu de les faire chrétiens, leur baptême devenait l'occasion de grandes fêtes. La conquête d'une de ces âmes était une victoire pour rÉgliseet aussi pour le Portugal. Tel fut, peu après le retour de François Xavier, le baptême de l'ambassadeur de Kandy et de sa suite '.

Nous n'oserions assurer que, dans cette conversion, la politique n'ait tenu une certaine place. Mais le 10 mai suivant, jour delà Pentecôte, qui eût pu lire dans l'avenir n'aurait pas

1. i< A Goa, j'ai ouï parler d'une région où, disail-on, il suffirait de quelques prêtres pour amener tout le peuple à la foi. A juger des choses par le dehors, il ne leur manque que le baptême. Ils ont de nombreux monastères où l'on prêche deux fois la semaine. Ces prédicateurs ou « Saulini » sont plus vénérés que le roi lui-même et jouissent de grands privilèges : si quelque condamné à mort se réfugie chez eux, il ne peut en être tiré poir être mené au supplice. Ils marchent pieds nus, s'abstiennent de viande, ne regardent jamais les femmes. Au collège de Sanla-Fé, nous avons quatre frères (ou bonzes) de cette nation, gens très discrets. » (Lettre de Fr. Enriquez, Sel. Ind. Ep., p. 31.) Il ne s'agit pes ici des Japonais; Yajiro ni ses deux compagnons n'étaient bonzes. De plus la lettre paraît avoir été écrite à Chalé, avant que l'auteur ait pu voir les trois Japonais, s'il les a jamais vus. Il ne s'agit pas davantage de Ceylan, qui était connu et dont Enriquez eût parlé plus clairement. Ces « bonzes » venaient du Pégu peut-être, ou du Siara.

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