‹ Saint François XavierChapitre 422 sur 820 · e/. Ind. Ep., p · texte numérisé non relu

e/. Ind. Ep., p

les élèves trop jeunes, on les expose à oublier leur idiome natal ^ . Quant aux mœurs, le Père Lancilotti pouvait-il alléguer autre chose que des craintes et des soupçons ? Les soupçons finirent par se changer en certitude. Lancilotti découvrit des fautes graves, fit fouetter quelques coupables, mais il n'était pas le maître dans la maison, et personne ne fut renvoyé^. Et il se demandait si jamais ces enfants pourraient être prêtres un jour. « La faiblesse humaine est si variable, écrivait-il, que je ne sais qu'espérer. Je suis comme le laboureur qui attend de Dieu les fruits de la terre. Ces élèves ne tourneront pas tous mal, je le crois; mais tous ne persévéreront pas^. »

Il fallait donc changer de méthode ; mais, pour cela, il était nécessaire de régler une autre question. Qui devait commander dans la maison? En théorie, don Diogo de Borba. En pratique, il se déchargeait de sa responsabilité sur les Pères, et dès lors le vrai directeur du collège était leur supérieur, le Père Lancilotti'. Mais il fallait compter avec les majordomes. Fondateurs de la maison, ils conservaient des droits que François Xavier voulait respecter. Il avait écrit à Paul de Camerino : « Je vous en prie, et j'insiste, pour l'amour de Jésus-Christ, je vous recommande d'obéir à ceux qui ont charge du collège, (/est par où vous me ferez le plus grand plaisir. Si j'étais là-bas, je ne ferais rien contre la volonté de ceux qui ont la charge de cette sainte maison : je leur obéirais en tout^. » Est-ce cette décision qui fit dire un jour à Lancilotti que Maître Xavier était peu au courant des affaires du collège^?

Et en effet, il n'était pas toujours facile de se plier à leurs exigences. Ils avaient eu raison de s'opposer à la transformation de leur église en paroisse, et cela pour défendre les études des séminaristes"^. Mais, en bon trésorier, Cosme Anes voulait

1. Cette crainte n'était pas chimérique. Xavier emmènera en Chine, pour servir d'interprète, le jeune chinois Antoine, élève du collège : remis en face de ses compatriotes, Antoine ne les comprenait plus.

Page 1