‹ Saint François XavierChapitre 427 sur 820 · Andbada, Cronica, P. IV, ch. 28, p. 34-3(J · texte numérisé non relu

Andbada, Cronica, P. IV, ch. 28, p. 34-3(J

6. Luis Cacegas, Historia de San Domingos, III, liv. IV, ch. 5; IV, liv. IV, ch. 1 (3* édit., Lisbonne, 1866); — Correa, Lendas, t. IV, p. 703.

six prêtres et trois frères, les suivaient, quatre sur leSào Paulo^ cinq sur le Gallega. Parmi ces derniers se trouvait le nouveau recteur du séminaire'.

Le 4 septembre, la flotte passait la barre et venait s'embosser devant Goa, Malheureusement un vaisseau manquait, le Gallega : on l'avait perdu de vue à la hauteur des Canaries, et quatre missionnaires seulement étaient là, prêts à débarquer.

François Xavier, à ce moment, se disposait à gagner sa chère mission de la Pêcherie : il voulait y attendre l'heure de partir pour le Japon, si c'était la volonté de Dieu. La présence des nouveaux venus fut aussitôt connue au collège : « Pendant que le vaisseau jetait l'ancre, raconte le Père Barzée, le Père Maître François envoya prendre des nouvelles et de nous et de la Compagnie. 11 nous envoya des rafraîchissements, nous fit dire de descendre à terre au plus vite, car il avait grand désir de nous voir. Ainsi fîmes-nous. Mais comment dire notre joie en le voyant si bon, et les actions de grâces qu'il rendait à Dieu au récit de ce que Notre-Seigneur daignait faire parla Compagnie en Portugal et ailleurs ^P »

Il pouvait bénir Dieu aussi du renfort qui lui arrivait. Il y avait là de puissants ouvriers. Tous venaient de Coïmbre et ils y avaient passé par une rude école. L'esprit qui régnait dans cette maison avait quelque chose d'ardent, de passionné, d'impulsif, qui n'était pas tout à fait à l'unisson des manières calmes et mesurées de saint Ignace. Reste que la ferveur était extrême ; certains récits font songer aux saintes folies de la Thébaïde. Plusieurs, parmi les nouveaux venus, pouvaient donner à Xavier une idée de ce qui se faisait dans ce florissant collège.

Le frère Jean Fernandez était un élégant mondain. Un de ses amis un jour l'invita à un concert, dans une confrérie dirigée par ceux qu'on appelait les « apôtres ». En fait de concert, il entendit, après un sermon du Père Estrada, deux cents hommes qui, en criant à Dieu miséricorde pour leurs fautes, se donnaient une vigoureuse discipline. Ému de ce spectacle, il

1. Ce sont les chiffres du Père Barzée (Sel. Ind. Ep., p. 46). Polanco indique dix missionnaires, p. 321, et douze, p. 338. Lancilotti parle de cinq prêtres et de six laïques, comptant sans doute parmi ces derniers les recrues faites durant le voyage {Sel. Ind. Ed., p. 63).

Page 1