‹ Saint François XavierChapitre 43 sur 820 · VI. — Les derniers jours à Paris · texte numérisé non relu

VI. — Les derniers jours à Paris

Maintenant il vivait avec Ignace et ses amis dans la plus douce intimité. Ils ne pouvaient former une communauté ; du moins ils se réunissaient pour prendre leurs repas, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, se donnaient entre eux des leçons et des répétitions de philosophie et de théologie, s'entretenaient dans la piété par de saintes conversations. Tous pratiquaient régulièrement l'oraison mentale et l'examen particulier. Ils se confessaient et communiaient tous les huit jours ^.

Ainsi se formaient les saintes et indestructibles amitiés dont les lettres de saint François Xavier nous apportent de si touchants témoignages. Plus tard, au fond des Indes, il se rappellera ces douces heures de Paris, où ils s'isolaient dans la grande université, se serraient autour d'un maître dont tous les jours ils appréciaient davantage la haute intelligence surnaturelle et pratique, dont surtout ils admiraient la sainteté toujours plus élevée et plus sereine. Tout en se défendant d'être pour eux autre chose qu'un aîné^, Ignace était leur père à tous, un père à la tendresse discrète et profonde, « mon vrai, mon unique père, comme l'appellera Xavier, verdadero padre myo... padre myo in Christi visceribus unico^. »

Ces relations fréquentes, ces réunions, ces pratiques insolites de piété, ce changement de vie, ne pouvaient passer inaperçus. On ne parlait alors que d'hérésie; les novateurs multipliaient leurs conciliabules; le gouvernement, provoqué par leurs excès, se voyait contraint de sévir ; la faculté de théologie était aux aguets. Assez naturellement, le petit groupe d'amis fut soupçonné. D'aucuns se disaient : « Us finiront par avoir affaire aux inquisiteurs^. » Ils avaient des ennemis, semble-t-il, nous

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