‹ Saint François XavierChapitre 438 sur 820 · Destiné à Socotora · texte numérisé non relu

Destiné à Socotora

des affaires importantes, ne put aller consoler le pauvre affligé; mais il lui écrivit :

« Punicale, 22 octobre 1548. Jésus. La grâce et l'amour du Christ soient toujours en notre aide et faveur. Amen^

« Dieu Notre-Seigneur sait combien j'aimerais mieux vous voir que vous écrire et trouver ma consolation dans vos travaux, tous entrepris pour l'amour et le service de Dieu Notre- Seigneur. Je le préférerais à tous les plaisirs de ceux qui mènent une vie de repos dans les délices du monde. 11 faut en avoir pitié. Quant aux autres, ceux dont saint Paul a dit : « Quitus muiidus non erat dignus^ », leur sort est digne d'envie.

« J'ordonne à Balthazar Nunez d'aller vous rejoindre au Travaiicore, de partager vos travaux, de vous consoler, en attendant de Dieu Notre-Seigneur la seule vraie récompense.

«Pour moi, je vais à Goa plaider en faveur des chrétiens. Il s'agit d'une affaire sur laquelle, avec la grâce de Dieu, j'espère faire la lumière et d'où résulteront beaucoup de conversions. Recommandez la chose à Dieu. Nous sommes grands pécheurs, indignes d'être ses instruments en une affaire qui regarde à ce point son service. Cependant priez-le de vouloir bien, par son immense bonté et son amour infini, se servir de nous pour propager la sainte Foi.

« Bientôt le Père Antoine (Criminale) vous ira voir. Si vous êtes malade et que vous ne puissiez travailler là où vous êtes,

1. La chronologie offre ici une assez grosse difficulté. Nous avons deux documents datés du 22 octobre 1548, et tous deux en original (Mon. Xac, p. 463, 467). D'abord la lettre à Enriquez, à la fin de laquelle on lit : « De Punicalle a XXII de Outubre de 1548 annos. Depois que idemos de llci. Vosso hyntiâo en Christo, Francisco. » Puis une requête à Jean III, au nom de feu Jean de Castro, signée du vicaire général, de deux Franciscains et de Xavier. Même date: « Oje22 dios d'Outubro de I5'i8 »; mais pas de nom de lieu. Evidemment ce dernier document a été rédigé en une ville où les quatre témoins ont pu se trouver réunis le même jour, Goa par conséquent ou Cochin, et non Punicale, petit bourg perdu sur la côte de la Pêcherie. Plusieurs hypothèses ont été proposées (Gros, I, p. 393; II, p. xxxii). La plus plausible parait être celle des Monumenta, p. 46'i.

Le 22 octobre, Xavier était à Cochin. En effet, Paul de Valle vit Xavier dans cette ville. Or, arrivé à Goa le 9 octobre, reparti 8 jours après (le 17), ce Père dut mettre de 6 à 8 jours pour gagner Cochin, et y débarquer peu après le 23. Xavier y était déjà. Le saint put donc y signer le 22 la requête à Jean III. Quant à la lettre, on suppose qu'écrite à Punicale,, elle fut datée, signée, expédiée à Cochin, et cette hypothèse explique les mots assez étranges qui précèdent la signature. « Depois que viemos de lia, depuis que nous en sommes venus ».

Page 1