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SAINT FRANÇOIS XAVIER. — T. II, r>
le monde sentait qu'il fallait autre chose. En 1546, nous l'avons vu, à Ghalé, notables et magistrats avaient attiré le Père François Enriquez pour ouvrir un collège. Xavier désapprouva la fondation, sans doute comme faite en dehors de lui et au détriment de la mission du Travancore. Eut-il d'autres raisons? se demandait-il si l'instruction de la jeunesse laïque, non prévue par les lettres apostoliques de Paul III, seul document écrit faisant loi jusqu'alors dans la Compagnie, était conforme aux intentions du Père Ignace? Nous ne savons; et il est certain que, même en Europe, l'idée n'était pas mûre encore. Mais les besoins étaient si grands qu'ils finirent par s'imposer'.
Cette même année 1546, d'autres négociations étaient nouées à Baçaim. Durant son séjour à Lisbonne, Michel Vaz avait obtenu du roi l'autorisation de fonder dans cette ville un collège indigène avec 3.000 pardaos de rente. Il avaitcompté sans doute confier son œuvre aux Pères de la Compagnie qu'il amenait aux Indes. Mais déjà Xavier avait disposé d'eux. Les Franciscains acceptèrent l'école. Puis des difficultés surgirent et ces religieux demandèrent à être remplacés. Plusieurs retournaient en Europe; les autres eussent voulu un apostolat plus direct. Ils s'adressèrent au Père Lancilotti, qui ne se crut pas le pouvoir d'accepter. Quand Xavier parut à Baçaim en mars 1548, ils renouvelèrent leurs instances. Ils alléguèrent que, frères mineurs réformés, ils n'avaient pas le droit d'administrer des rentes et de manier l'argent. Ils en écrivirent à Gosme Anes, et le Père Gomez, qui nous donne ce détail, ajoute : « S'ils ont mis tant d'instance à se défaire de cette œuvre, c'est que leur provincial leur avait reproché de l'avoir prise^. »
Du premier coup, l'entreprenant recteur avait été séduit. Pays fertile, vie à bon marché, aucune difficulté du côté des Franciscains, appel des populations. « Le public, disait-il,voyant le bien qui se fait là où nous sommes, nous désire. Tel est l'ébranlement, la renommée, qui, depuis deux mois que nous sommes arrivés, se sont répandus dans l'Inde entière, que, de Baçaim et de Diu, l'on vient se confesser à Goa. Ce collège de Baçaim est à 60 lieues de celui-ci. Je ferai si bien