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élargir leur apostolat. On leur fondait non plus seulement des collèges-séminaires, mais des collèges au sens actuel du mot. Aussi bientôt, reprenant la liste des ministères propres à la Compagnie, telle que l'avait dressée Paul 111, Jules III y ajoutera l'enseignement. L'Inde en profitera largement. Il y aura bientôt un collège dans toutes les stations un peu importantes de VAsia Portugueza : une vingtaine, de Diu à Goulam, de Manapar à Malacca, et de Ternate à Macao et au Japon ^

Vers la même époque, François reprenait d'anciens projets^. Il n'avait pas oublié cette île de Socotora, visitée naguère en passant, et ses chrétiens négligés depuis des siècles. En y baptisant des enfants, il s'était comme engagé à s'occuper au plus tôt de cette terre désolée. Dès 1544, il avait écrit à Jean III, pour l'intéresser à ces pauvres insulaires. Le roi les avait recommandés à Jean de Castro, dans sa grande lettre de 1546. L'expédition d'Aden, si elle avait réussi, aurait permis d'agir. Mais elle avait échoué, etXavier écrivait: «Un chefmusulman opprime et détient Socotora, contre toute justice, persécute les indigènes, enlève leurs filles pour son harem, leur impose le coran, les maltraite de toutes façons^. » C'était le moment d'intervenir; mais, après le belliqueux Castro, l'Inde avait pour gouverneur le vieux et pacifique Garcia de Sa, qui liquidait les vieilles querelles et signait traités sur traités. Etait-ce le moment de ranimer laguerre? Jean III, en conseillant de secourir les Socotorins, n'avait-il pas posé cette restriction : « A condition de ne pas exaspérer les musulmans, pour ne pas attirer trop souvent leur flotte dans l'océan Indien. » ?

Aussi Xavier, en janvier 1549, revient à la charge. Il écrit au Père Rodriguez : « Le roi devrait bien ordonner qu'on chasse ces musulmans. Il suffirait de l'enjoindre à la flotte qui va au détroit (d'Aden). En revenant, sans se donner de mal et sans dépense supplémentaire, elle les expulserait; ils sont une trentaine sur la côte, dans une baraque. Mais de là, interdisant aux indigènes d'avoir des armes, ils les tiennent en une vraie captivité... Pour Dieu, occupez-vous de ces affligés. La flotte s'arrête à Socotora pour l'aiguade : il lui suffira

1. PoLANco, I, p. 473. — Lettre de Lancilotti, 26 déc, Sel. Ind. Ep., p. 64.

(le huit jours et le pays sera délivré. C'est pitié que d'entendre les lamentations des insulaires et de voir comme on les traite. J'ai passé par là il y a six ans. Qu'on demande des renseignements à Martin Alphonse de Sousa, l'ancien gouverneur ^ »

Mais déjà il avait agi. Le Père Alphonse Gypriano et le frère Manuel de Moralez avaient reçu l'ordre de quitter le cap Comorin, de gagner Goa, et, là, d'attendre le moment de partir. Un autre groupe devait les rejoindre. Ils seraient remplacés dans leur poste par les nouveaux venus de septembre et d'octobre. Gypriano s'excusa sur ses soixante ans, puis, revenant sur cette faiblesse, il accepta, joyeux d'aller expier dans une région âpre à l'excès, ses fautes de jeunesse. Le départ fut fixé à la fin de janvier'^.

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