‹ Saint François XavierChapitre 465 sur 820 · iV/ore. A'ac.,p · texte numérisé non relu

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84 UNE ANNÉE AUX IjNDES

dans les temples de nombreuses statues de saints et de saintes, multicolores, souvent gigantesques, avec des auréoles. Ils leur rendent le même culte que nous, n'adorant qu'un seul Dieu et priant les saints d'intercéder pour eux auprès de Dieu ». Suivaient d'étranges détails sur les pénitents, leurs jeûnes, leurs pèlerinages, leurs confessions, leurs hallucinations *.

Ces analogies entre le christianisme et la religion japonaise ne pouvaient manquer de soulever des problèmes. Et d'abord, la prédication de l'Évangile ne trouvera-t-elle pas là quelques facilités inattendues ? Paul de Sainte-Foi assurait que, dans les livres saints de son pays, on lisait qu'un jour toutes les lois devaient se fondre en une seule, et disparaître devant une autre qui serait apportée d'ailleurs, plus belle et plus parfaite 2. Cette loi c'était l'Évangile. Les Japonais étaient trop raisonnables pour ne pas l'accepter après l'avoir si longtemps attendu.

On se demandait encore, et l'on se demande toujours, d'où venaient entre les deux cultes de si extraordinaires ressem- ])lances. La réponse fut ce qu'elle pouvait être alors : « C'est à croire, disait l'auteur de la relation, que l'Évangile a été prêché dans ces régions. Puis, à cause des péchés, la lumière de îa foi s'est obscurcie. Quelque hérétique, semblable à Mahomet, est survenu, qui a tout détruit. Pendant que j'écrivais ce japport, vint me voir un évêque arménien qui est depuis plus de quarante ans aux Indes 3. Il dit avoir lu que les Arméniens ont prêché l'Évangile en Chine au temps de l'Église primitive^. »

Tandis que le Père François préparait son voyage au Japon, autour de lui, plusieurs n'omettaient rien pour le retenir. Les uns ne comprenaient pas ce nouveau projet. Les plus pieux avaient peine à admettre qu'il allât si loin chercher des âmes quand il y avait tant à faire aux Indes. « Maître François s'en va au Japon, écrivait au roi fray Vincent de Lagos, Je ne sais jusqu'à quel point il vise juste, A Goa il fait grand bien aux

l.A>. Indicae, p. 180, 181,

2. Ibid.^ p. 190, 191. Il s'agit ici peut-être de l'attente où sont les Bouddhistes d'un autre Bouddha. Sakia Mouni n'est qu'un chaînon dans la longue série de» rédempteurs : une période de 5.000 ans lui est assignée. Après lui viendra le Bouddha Maitriya {Gr. ICncyi-topf'die. t. Vil, p. USb).

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