Mon. Xai'., p
grand besoin de réforme. Jadis Dominicains et Franciscains avaient essayé d'y fonder un couvent. La guerre les avait chassés ^ En 1549, pour subvenir aux besoins de la communauté catholique, il y avait quelques prêtres séculiers, mais à peine moins énervés par le climat que les colons eux-mêmes. Pas de visites épiscopales : Ormuz était à plus de 2.000 kilomètres de Goa. En 1535 seulement, don Fernand Vaqueiro, 0. S. F., évêque in partihus d'Aurea, y avait paru un instant, mais pour y mourir^. Les apostasies n'étaient pas rares^. On était là en pleine atmosphère musulmane. Les marchands qui s'aventuraient à l'intérieur du continent, les esclaves avides de liberté, les ambitieux avides de pouvoir, acceptaient le coran'^. Il était urgent de porter remède au mal. Le Père Barzée fut donc choisi pour aller évangéliser la forteresse délaissée. Il avait pour compagnon le frère Raimond Pereira.
Mission temporaire. « Le Père Xavier, raconte-t-il lui-même, limita à trois ans le temps de mon séjour à Ormuz, comptant, à son retour du Japon, m'envoyer en Chine, ou ailleurs, à son choix. Il craignait que je ne fusse tenté d'aller plus loin qu'il n'était à propos, en Perse, en pays turc. Justement, peu de temps auparavant, quelques religieux y avaient reçu la couronne du martyre et, parmi eux, un Franciscain et un autre qui, déguisé en Turc, mais véritablement chrétien, mourut, avec quelques disciples, cruellement percé de flèches et de lances. Je tiens ces détails d'un Génois renégat que j'ai réconcilié avec Dieu... Mais je n'ai point la ferveur que suppose Maître François'*. »
Pour se diriger dans son apostolat nouveau, le Père Barzée emportait un assez long mémorandum dont il nous faut ici donner au moins le résumé. Il n'intéresse pas seulement l'ascète; l'historien y trouve d'utiles renseignements sur Xavier lui-même, ses principes, ses procédés. Car, sous forme
1. André Makie, Mtaston* Dominicaines, t. I, p. 70 ; — Marcellin de Givezza, t. VI, p. 230.