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recourir au trésor royal, puisque le roi assure aux missionnaires leur entretien : « Croyez-moi, nous prenons à quelqu'un, celui-là prend notre liberté. Il nous en coûte ; quand ensuite nous avons à l'admonester, nous n'avons plus de langue pour parler contre lui; et, à supposer que nous parlions, nous n'avons plus d'autorité. Gela s'entend des choses importantes et de valeur, non pas de menus présents, comme fruits et choses semblables. Encore, celles-là, envoyez-les aux malades de l'hôpital, aux prisonniers ou autres gens dans le besoin. Ainsi l'on verra que vous avez autant de souci pour la mortification et la charité religieuse en n'usant pas de ces comestibles, puisque vous les donnez aux pauvres, que pour la courtoisie, en ne les refusant pas, ce qui aurait aliéné les riches*, »
Pas d'immixtion dans les affaires temporelles : « Bien de-s gens viendront vous importuner pour que vous parliez en leur faveur au capitan. Faites-y attention. Le mieux est de vous excuser en disant que vous ne vous occupez que des choses spirituelles et que si le capitan ne tient compte ni de Dieu, ni de sa conscience, encore bien moins tiendra-t-il compte de vous^. »
Quelles œuvres de zèle doivent passer avant les autres ? Ici, Xavier répond presque dans les mêmes termes que saint Ignace : « Ne laissez jamais le bien général pour un bien particulier, comme serait d'abandonner la prédication pour la conl'ession, ou le catéchisme quotidien à l'heure marquée pour d'autres œuvres individuelles^. » En vertu du même principe, « dans les forteresses où Portugais et infidèles sont mêlés, le prêtre se devra d'abord aux Portugais. Aux infidèles il donnera le temps qui lui restera^.
Le travail du missionnaire de forteresse consistera donc surtout en prédications. Or la première de toutes les prédications c'est la santa doutrina^ le catéchisme quotidien qu'il ne faut pour rien au monde omettre ou abréger'. Quant aux sermons proprement dits, Xavier les veut fréquents, réguliers, popu-