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4. Paris non plus n'a pas oublié le séjour qu'a faitl'apôlre des Indes dans ses écoles. Le collège Sainte-Baibe complètement renouvelé, a consacre deux tribunes de sa chapelle, construite vers 1840, aux saints barbistes, Ij^nace et Xavier. — La chapelle de Dormana-Beauvais n'a rien qui rappelle le saint jésuite. — Par contre, il est inséparable de son père Ignace dans le sanctuaire de la rue Antoinette, à Montmartre, élevé par les religieuses Auxiliatrices du Purgatoire, à l'endroit où Ignace et ses compagnons firent leurs premiers vœux; dans la basilique du Sacré-Cœur (statues et bas-
Pour gagner Venise, François et ses amis avaient une route tout indiquée, à travers la France, les Etats du duc de Savoie et le Milanais. Mais, par ce temps de guerre, pour une troupe de voyageurs composée en partie d'Espagnols, le trajet était dangereux. Mieux valait se jeter au plus vite en pays neutre. Ils fixèrent donc ainsi leur itinéraire : Lorraine, Alsace, le Rhin de Bâle à Constance, le Tyrol, la Vénétie. L'hiver y serait plus dur, les chemins plus âpres ; du moins on n'y serait pas arrêté par les armées des belligérants.
On trouvera, dans les histoires de saint Ignace et de la Compagnie, le récit détaillé de cet exode ^ Malheureusement Simon Rodriguez, à qui nous le devons, a enveloppé toutes ses anecdotes dans un anonymat général^. Saint François Xavier y disparaît comme les autres. Il eut sa part aux souffrances de tous. En Lorraine, ce fut la pluie, les menaces de guerre, la crainte de tomber entre les mains des troupes françaises qui marchaient sur les Pays-Bas. En Allemagne, périls de la part des hérétiques. Puis vint l'hiver extrêmement rude. A travers les Alpes, sous la neige, Xavier fît son apprentissage de voyageur. Il fallait parfois attendre deux et trois jours qu'on eût dégagé les sentiers. « Mais Dieu les guidait, dit Rodriguez ; ils s'étaient donnés à lui, ils espéraient en lui. Sa grâce et son amour les remplissaient d'une joie extrême, d'une allégresse incroyable, et ils bravaient ainsi toutes les difficultés et même les périls de mort. Et ces souffrances n'étaient rien auprès de ce qu'ils étaient prêts à souffrir^. » Ils allaient, priant le plus qu'ils pouvaient, récitant l'office, disant des psaumes, pensant aux choses du ciel, ou s'entretenant de sujets pieux^ .
Enfin, après plus de cinquante jours de marche, ils descen-
reliefs de H. Besqueut) et jusque dans l'église de Clignancourt, — Sans l'impopularité de sa Compagnie, Ignace aurait sans doute une église à Paris ; Xavier a la sienne où tous les ans la neuvaine dite de la Grâce se célèbre avec une grande piété. Ajoutons l'église des Missions étrangères. Celle du noviciat, au xvii* siècle, sise rue du Pot-de- Fer, et aujourd'hui détruite, était sous le vocable de l'apôtre. De là provient la statue du saint par Coustou le jeune, qu'on voit à Saint-Germain-des-Prés, et le tableau de Poussin (Xavier ressuscitant un mort), qui est au Louvre.