‹ Saint François XavierChapitre 503 sur 820 · III. — Le voyage · texte numérisé non relu

III. — Le voyage

Enfin tout était prêt. Xavier passa la dernière nuit dans l'église de Notre-Dame du Mont, occupé à instruire un novice, Jean Bravo '. Puis, le 24 juin 1549, au soir, en la fête de saint Jean-Baptiste, il s'embarqua 2. Avec lui partaient Cosme de Torrès, Jean Fernandez, les trois Japonais, le Portugais Dominique Diaz^, le Chinois Manuel et le Malabar Amador^. La mousson soufflait du sud-ouest^; le bon vent devait durer deux mois encore, ce qu'il fallait pour gagner le Japon, à la condition de ne pas perdre de temps. Le voyage, en ligne droite était de 5.000 kilomètres. Pour cette longue traversée, les missionnaires avaient une jonque chinoise, grosse embarcation de cabotage pouvant jauger de 300 à 400 tonneaux, avant très bas, arrière très élevé, large et carré, trois mâts, voilure rectangulaire en nattes de paille tendues entre des bambous, bref une assez lourde machine.

Sur ces deux mois de navigation, nous n'avons d'autre récit que celui du saint lui-même dans une grande lettre du 5 novembre 1549. Elle n'était adressée aux Pères de Goa que pour être, de là, communiquée à tous ceux qui, à Rome, à Goïmbre, ailleurs encore, aspiraient vers l'apostolat. Aussi le saint ne se contente pas de raconter ; à chaque instant, il oublie les faits pour intercaler une exhortation, laquelle n'est, le plus souvent, qu'une confidence involontaire®.

« Nous allions donc, écrit l'apôtre, à la grâce de Dieu, ayant bon temps et bonne brise. Mais ces païens sont inconstants". »

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