‹ Saint François XavierChapitre 505 sur 820 · Du Halde, Description de la Chine, t. II, p. 47-'i · texte numérisé non relu

Du Halde, Description de la Chine, t. II, p. 47-'i

le bon vent allait durer, et les sorts donnaient tantôt une bonne réponse, tantôt une mauvaise '. »

« Arrivés à cent lieues de Malacca, nous touchâmes à une île (ce devait être Singapour), où l'on se fournit de timons et autres pièces de bois en vue des grandes tempêtes fréquentes en ces parages. Leurs munitions faites, ils recommencèrent leurs sacrifices, fêtèrent leur idole, l'adorèrent, l'adorèrent encore, jetèrent les sorts et demandèrent s'ils auraient bon vent. Le sort répondit que oui, qu'il ne fallait pas tarder davantage. On leva donc les ancres et l'on mit à la voile : tous étaient contents. Eux se confiaient en leur idole, qu'ils avaient installée à la proue avec des chandelles allumées et des bois d'aloès parfumés; nous, confiants en Dieu, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ son Fils, pour l'amour et le service duquel nous allions en ces pays propager la sainte foi -. »

Au sortir de Singapour, la jonque entra dans la mer de Chine. Nouvelles hésitations. Le ladrào irait bien au Japon, mais reviendrait-il à Malacca ? Les sorts furent jetés de nouveau ; ils répondirent que le navire ne reverrait pas le port d'où il était parti. La jonque n'ira donc pas au Japon. Elle hivernera en Chine et l'on verra Tannée suivante ce qu'il faudra faire : « Voyez, s'écrie Xavier, quels ennuis en une traversée où il dépendait du démon et de ses serviteurs de savoir si nous irions au Japon, puisque ceux qui gouvernaient le vaisseau ne faisaient rien que ce que le démon, par ses sorts, leur disait de faire. » Pour une fois, les planchettes avaient dit vrai : la jonque ne devait pas revoir Malacca 3.

Avançant toujours, les voyageurs arrivèrent tout contre la Cochinchine^. « Là, dit Xavier, il nous advint deux désastres en

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