‹ Saint François XavierChapitre 510 sur 820 · I. — Les premiers jours · texte numérisé non relu

I. — Les premiers jours

Les habitants de Cangoxima avaient déjà vu des Portugais, mais pas encore de prêtres européens. Les missionnaires furent donc très regardés, quoique avec sympathie. Ils rendirent aussitôt visite aux autorités locales, à ceux que Xavier appelle le capitan et Valcayde, chef militaire et chef civil. Ils furent courtoisement reçus, puis ils prirent logis chez leurnéophyte^

Parti de chez lui trois ans auparavant, fugitif, criminel, en rupture de ban, Yajiro reparaissait purifié, transformé, l'âme en paix. Parents et amis l'accueillirent avec joie. On vint le féliciter et de son voyage et de son retour. Heureux homme d'avoir vu tant de pays ! Sa conversion n'excitait aucun scandale^. Dans leur bon sens naturel, ces braves gens trouvaient tout simple, qu'ayant rencontré une voie meilleure, Yajiro y fût entré. Eux-mêmes, ne passaient-ils pas facilement d'une secte bouddhique à une autre?

Une démarche s'imposait : avant toutes choses, il fallait entrer en relations avec le seigneur de la province. Il habitait en son donjon, à cinq lieues de la ville. C'étaitun de ces féodaux que, trompés par les apparences, les Portugais traitaient de rois. François Xavier, mieux renseigné, les nomme simplement des

1. Mon. Xav., p. 590. Au xvii* siècle, les grandes villes avaient pour gouverneurs civils des bugiô ; celles où s'élevaient des shlro (forteresses féodales) avaient de plus un rôdai, gouverneur militaire. De la Mazelière, Le Japon,' t. III, p. 225.

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