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CANGOXIMA. 139
rait le navire nécessaire. Quant à aller par terre, la guerre était partout et les chemins n'étaient pas sûrs'. Le daimyô ne disait pas le fond de sa pensée. Ce qu'il voulait, c'était ramener dans ses ports les « barbares du sud ». Après avoir un instant fréquenté Gangoxima, ils préféraient maintenant d'autres marchés plus riches ou plus accessibles. La présence chez lui de ce « bonze » étranger si vénéré, ne contribuerait-elle pas à les attirer, eux et leurs cargaisons ? Là était le secret de ses faveurs et de ses réticences 2.
Xavier dut se résigner à attendre. Mais l'audience n'avait pas été sans fruit: le prince laissait toute liberté de conscience. On en profita dans les milieux même aristocratiques. A six ou sept lieues de Gangoxima, était la forteresse d'ichiku. Le seigneur, parentetvassaldeShimatzu s'appelaitNiirô-lse-no-Kami^. Un de ses régisseurs se convertit et fut nommé Michel. Michel se fît apôtre et bientôt toute la maison, le seigneur excepté, fut chrétienne^. Il y eut alors à Gangoxima et aux environs une centaine de néophytes^ gagnés un par un dans les conversations particulières. « G'était, dit naïvement le Père de Sousa, pécher à la ligne : aux Indes, François péchait au filet^. »