‹ Saint François XavierChapitre 516 sur 820 · Gros, p · texte numérisé non relu

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CANGOXIMA 141

glissant dans les rainures du plancher. Aussi, bientôt, les Européens furent comme assiégés dans leur logis transparent. 11 fallut passer les soirées, accroupis sur les nattes, dans l'attitude la plus gênante, subissant des visites sans fin, écoutant, sans y pouvoir prendre part, de longues et lentes conversations, dont ils faisaient les frais, répondant par l'intermédiaire de Paul à mille questions disparates. Pour le travail, il leur restait les heures de nuit que ne prenaient pas le repos ou la prière ^.

L'hiver leur apporta un peu de loisir, François put composer, aidé de son néophyte, une instruction sur la création du monde, l'avènement du Fils de Dieu, les commandements, le jugement dernier, sujet ordinaire de ses entretiens. On en fit deux copies, Tune pour les Japonais, dans l'écriture du pays, l'autre en caractères latins pour les Pères. Xavier avoue que ce travail lui coûta beaucoup de peine ^. Il était naturellement très imparfait, et l'on dut plus tard le remplacer par un autre plus correct^. Quand ce fut achevé, Xavier put s'en aller, son cahier à la main, prêcher par les chemins et le long des rues. On montrait plus tard la terrasse d'une pagode où, deux fois le jour, il venait s'asseoir pour lire son texte^. L'auditoire s'amassait, médiocrement respectueux, et le prédicateur aura ses raisons d'écrire : « Ils sont très polis entre eux, beaucoup moins avec les étrangers qu'ils méprisent^. » Le Japonais est caricaturiste : la physionomie européenne, nouvelle pour lui, prêtait à des plaisanteries faciles. Un annaliste de Kiôto, décrivait quelques années plus tard un missionnaire, le Père Organtini : « Haut de neuf pieds (japonais), la tête petite à proportion du corps, le visage rouge, les yeux ronds, le nez long. Vu de côté, il avait les épaules ployées. Sa bouche atteignait jusqu'aux oreilles et ses dents, très blanches, étaient pareilles à celles d'un cheval. Ses ongles semblaient des griffes d'ours... Quelqu'un dessina cette figure étrange et la fit passer dans les provinces du centre... Il avait l'apparence très humble et la voix comme le roucoulement d'une colombe... On aurait dit une chauve-souris les ailes ouvertes.

i.Ibid.

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