Ibid., p
avril 1550 * . Gomez fera ordonner prêtre Dominique Carvalho 2. Si l'un des trois Pères est mort, il faudra lui trouver un remplaçant. Il serait bon de leur adjoindre deux frères pour les offices domestiques. Mais que ce soient des personnes sûres, car le Japon est étonnamment dangereux pour la chasteté ^. De jeunes Chinois et Japonais seront sans doute envoyés à Goa : qu'on les y forme sérieusement à la vertu et qu'ils apprennent le portugais pour servir d'interprètes^. Deux bonzes vont partir pour Malacca ; peut-être iront-ils jusqu'aux Indes : qu'on les traite bien; « ce peuple veut être mené par amour ^ ».
Suivent quelques détails matériels. On était en automne; c'est la plus belle saison du Japon, celle où l'on se repose des langueurs de l'été dans une atmosphère douce et claire. A Cangoxima, François trouvait à peu près la température de Provence. Mais il arrivait des régions tropicales, anémié par des chaleurs ardentes ou humides. Il était mal vêtu et logeait dans une maison en bois et en papier, ouverte à tous les vents. « Spécialement, écrit-il aux Pères de Goa, que les missionnaires apportent des habits en drap de Portugal et des chaussures; car ici, nous mourons de froid ^. » Gomez, qui est un homme pratique, préparera le voyage. « Faites tout cela, lui dit-il, comme vous savez le faire quand vous vous y mettez^. »
Aux missionnaires, il faut maintenant assurer pour l'avenir un passage facile jusqu'au Japon. Seuls les Portugais pourront leur rendre ce service. Mais il est clair que, pour les amener à mettre leurs navires et leur bourse au service des apôtres, le pur amour de Dieu ne suffira pas toujours. Là-dessus Xavier élabore tout un programme.
Les Portugais prendraient l'initiative d'une ambassade auprès du souverain japonais. Du moins les Pères pourraient venir avec des lettres du gouverneur et des présents^. Les indigènes répondraient par une contre-ambassade, laquelle irait jusqu'aux